Publié le Jeudi 21 mai 2026 à 09h00.

Répression et intimidation des mouvements écologistes

La répression contre les mouvements écologistes continue de s’aggraver. Condamnations judiciaires, intimidations policières, surveillance militante : de Sainte-Soline à l’Eure, l’État s’acharne contre celles et ceux qui contestent l’agrobusiness, l’accaparement de l’eau et les ravages écologiques du capitalisme productiviste.

Julien Le Guet, un des porte-parole du collectif Bassines Non Merci, a été condamné par la cour d’appel de Poitiers, le 7 mai dernier, à six mois de prison aménagés sous forme d’assignation à résidence avec bracelet électronique et au versement de plus de 20 000 euros à la Coop de l’eau 79.

La peine est lourde ! Julien incarne depuis des années le refus d’installer des méga­bassines, gigantesques réservoirs d’eau qui entretiennent un modèle agricole industriel et polluant, favorisant l’appauvrissement des sols et aggravant les épisodes de sécheresse. C’est un accaparement de la ressource par une poignée d’agriculteurs (6 % des agriculteurs des Deux-Sèvres). 

De Bure à Sainte-Soline, l’acharnement continue contre les mobilisations contestant la destruction du vivant, défendant d’autres modèles économiques et la sortie du capitalisme productiviste.

L’agrobusiness et la pollution généralisée de l’eau

Les diverses pollutions qui s’infiltrent depuis des décennies ont contaminé les nappes au point que, dans certains endroits, l’eau du robinet n’est plus consommable. La construction d’usines de traitement, très coûteuses, va se généraliser : une fuite en avant qu’il faut stopper. 

Dans un premier temps, la protection des captages est urgente. Le 21 avril dernier, France Nature Environnement a déposé devant le tribunal administratif de Paris un recours contre le gouvernement pour défaut de protection des captages d’eau. 

De plus, le dérèglement climatique accentue les perturbations du cycle de l’eau douce : sécheresse ici, inondations là ; la question de l’eau devient un enjeu majeur.

Dans l’Eure, un collectif de défense de l’eau dans le collimateur

Col-eau 27, un collectif d’associations constitué en septembre 2025, veut alerter les pouvoirs publics, les éluEs et les habitantEs sur la nécessité de réorienter les politiques agricoles, au vu des seuils inquiétants de nitrates et de pesticides relevés dans différents points de captage. Le collectif s’est fait connaître en organisant un rassemblement, le 7 février dernier, au point de captage du Tremblay-Omonville, situé sur le plateau du Neubourg, haut lieu de l’agriculture intensive dopée à la chimie. Ce captage est menacé de fermeture en raison des dépassements des seuils de nitrates.

Comme le rassemblement n’avait pas été déclaré à la préfecture, une négociation s’est engagée sur place avec la gendarmerie, qui a fini par autoriser la marche festive, familiale et revendicative le long de la départementale très empruntée. Rien à voir avec les démonstrations de force violentes et saccageuses de la FNSEA et de la Coordination rurale. Et pourtant, le procureur a entamé une procédure d’avertissement pénal probatoire contre une militante NPA-A présente ce jour-là. Un dossier de 74 pages, avec photos et relevés de plaques minéralogiques, est accompagné de commentaires révélateurs de l’état d’esprit qui règne dans l’appareil d’État : « Mme… membre des Soulèvements de la Terre mis en cause dans une procédure de la sous-direction antiterroriste », « M… présent au festival des Résistantes, de la mouvance ultra-gauche ».

La riposte de soutien s’organise : hors de question de se laisser intimider !

CorrespondantEs