Cinq cents personnes et une dizaine de tracteurs se sont réunis pour accompagner quatre camarades qui passaient en appel à Poitiers ce 27 mai.
Un des Soulèvements de la Terre, deux de la Confédération paysanne et Julien Le Guet de Bassines Non Merci 79, pour lequel c’était le sixième procès depuis décembre. Vous avez dit acharnement ?
Des violences policières assumées
Ce procès visait, selon l’accusation, les organisateurs de la manifestation de Sainte-Soline 2.
Une manifestation qui a vu un déferlement de violences policières avec 5 000 grenades tirées en une heure et demi, provoquant plus de deux cents blesséEs dont quatre grièvement.
Seul le travail des journalistes de Libération et Mediapart a permis d’apporter de nouvelles preuves concernant les violences policières, jusqu’à identifier le gendarme ayant effectué le tir tendu qui a grièvement blessé Serge. Des violences totalement assumées contre les « pue-la-pisse », comme le rappelaient de nombreuses pancartes.
Les mégabassines en procès
Le rassemblement a une nouvelle fois permis de rappeler les raisons de l’opposition aux mégabassines qui profitent uniquement à quelques agriculteurs au service de l’agrobusiness et de l’exportation. Ce qui met à mal l’argument selon lequel les agriculteurs nous nourrissent. En réalité, ceux-là ne nous nourrissent pas du tout.
En cette fin du mois de mai caniculaire, la question du partage de l’eau est dans tous les esprits.
Les quatre accusés, dans leur diversité, ont largement développé les arguments justifiant l’opposition aux mégabassines dans une ambiance combative, rejetant le rôle d’organisateurs que la justice voudrait leur faire porter.
Ils ont également présenté les mobilisations en cours ou en préparation autour de l’eau ainsi que celles contre les grands projets inutiles (cimenterie, centrale à goudron, autoroute, ferme-usine…). D’autres prises de parole ont eu lieu de la part de Solidaires, de la CGT, de la Confédération paysanne, de Cancer colère, d’EÉLV, de LFI et, bien sûr, du NPA-A.
Ces prises de parole ont montré la diversité du mouvement mais aussi sa force.
No Bassaran !
Le ministre Darmanin avait interdit la manifestation en parlant d’écoterroristes, allant jusqu’à prédire qu’il pourrait y avoir des morts. Cela n’avait pas empêché 30 000 manifestantEs de se rendre sur le site, conscientEs de la légitimité de la mobilisation. Cela n’empêche pas aujourd’hui le développement des oppositions, qui s’étendent un peu partout.
Sainte-Soline, c’est une victoire. Cette bassine, défendue par plus de 1 000 policiers, des canons à eau, des quads et des hélicoptères, a depuis été déclarée illégale.
Au tribunal, les réquisitions en appel contre les quatre accusés sont les mêmes qu’en première instance et la décision sera rendue le 1er juillet. Nous serons là pour accompagner les quatre camarades.
CorrespondantEs