Ces luttes montrent l’importance de mener un combat unitaire contre un même système colonial et capitaliste qui empoisonne les populations et les écosystèmes pour générer toujours plus de profits. Ce système agro-industriel, et en particulier agrochimique, empoisonne en premier lieu les populations du Sud global, tout particulièrement les ouvrierEs agricoles, comme on l’a vu en Martinique ou en Guadeloupe, mais aussi au Cameroun. Il frappe également les peuples sous domination impérialiste et coloniale, comme en Palestine ou au Liban.
L’écologie décoloniale porte les revendications de reconnaissance, de justice et de réparations, à partir de l’expérience concrète des populations concernées, à rebours des approches universalistes abstraites.
Ainsi, que l’on se batte contre le chlordécone aux Antilles, contre l’agent orange au Vietnam ou au sein de ses diasporas, contre les essais nucléaires en Algérie ou en Polynésie, on porte l’exigence d’une écologie de lutte pour le droit d’habiter, de se nourrir et, tout simplement, de vivre dans un environnement sain.
L’écologie n’est pas une question de consommation individuelle, comme le prétend le libéralisme : c’est une question de droit à l’existence et de possibilité de vivre librement dans son environnement.