Publié le Mercredi 18 février 2026 à 11h39.

Vidéosurveillance et armement de la police municipale, c’est non !

La vidéosurveillance et l’armement des polices municipales sont des mesures coûteuses, inefficaces et dangereuses, qui alimentent surtout une fuite en avant sécuritaire au détriment de l’égalité sociale et des libertés publiques.

Des mesures inefficaces

Aucune étude n’a démontré une quelconque efficacité de la vidéosurveillance ou de l’armement des polices municipales sur la délinquance, les « incivilités » ou le « sentiment d’insécurité ». Tout cela coûte fort cher et est inefficace. Même la police londonienne le reconnaît, dans une des villes où il y a le plus de vidéosurveillance au monde. C’est ce que montre un rapport commandé par le commissaire de police de Dyfed Powys, recouvrant la plus grande zone de police en Angleterre et au Pays de Galles. Selon ce rapport, la suppression des caméras dans cette zone « n’a pas entraîné une hausse importante de la criminalité ou de comportements antisociaux ». Les caméras ne font souvent que déplacer le problème.

Des politiques dangereuses

Mais au-delà de son coût et de son inefficacité, la réponse en termes de police ou de caméras est dangereuse, car elle opère un déplacement du côté des responsabilités et des solutions. Du côté des responsabilités, elle déplace l’insécurité qui est d’abord sociale, scolaire, raciste, sexiste, donc collective et systémique… vers la question individuelle de la responsabilité de chacunE, qu’il faudrait toujours plus fliquer, des parents qu’il faudrait priver d’allocations pour qu’ils élèvent mieux leurs enfants. Lorsqu’on s’engage sur ce terrain, l’inefficacité de ces mesures, constatée tous les jours, pousse à une surenchère où le RN et les solutions autoritaires seront toujours gagnants.

Contre la fuite en avant sécuritaire

À un mois des municipales, une nouvelle loi est en effet en cours d’adoption pour augmenter les pouvoirs des polices municipales : contrôles d’identité renforcés, extension du champ des amendes, fouilles des véhicules, drones, pouvoirs proches de ceux de la police judiciaire. Une fuite en avant sécuritaire que nous refusons. Société de surveillance avec reconnaissance faciale, surveillance algorithmique et intelligence artificielle, testée lors des JO de Paris, outils d’identification et de localisation, notamment des personnes étrangères en situation irrégulière, comme ceux que Capgemini a développés pour l’ICE de Trump, nous refusons le capitalisme de surveillance !

L’exemple d’Alençon

Une coalition unitaire s’est constituée à Alençon, soutenue par des Insoumis, les Écologistes, le NPA-A, le Pôle citoyen et le PCF.  Notre camarade Johnny est tête de liste. Son programme et sa composition ont été travaillés démocratiquement et au consensus pendant plus de six mois. Quelques extraits : 

« Nous nous opposerons avec détermination à toute surenchère sécuritaire, parce qu’elle divise, qu’elle entretient l’inquiétude, et qu’elle alimente le racisme et toutes formes de discriminations.

Notre priorité : une ville qui protège en renforçant l’égalité, pas en renforçant la répression.

• Construire, avec les habitantEs, de véritables politiques de prévention qui répondent aux besoins du terrain plutôt qu’aux logiques sécuritaires imposées d’en haut.

• Redonner toute leur place aux médiateurs, éducateurs de rue et équipes de proximité : des professionnelEs forméEs, capables de créer du lien et de retisser la confiance là où les dispositifs répressifs ont échoué.

• Recentrer la police municipale sur sa mission première : protéger toutes et tous dans l’espace public, et en priorité les personnes les plus vulnérables.

• Mettre la prévention et la médiation au cœur de la tranquillité publique.

• Démanteler le réseau de caméras de vidéosurveillance

(…) Plutôt que d’empêcher les agressions, les caméras les déplacent. Elles sont inefficaces et coûteuses pour la collectivité. Avec les 1,2 million d’euros, sur les trois ans, c’est autant de moins pour les crèches, les maisons pour nos ancienNEs et les jeunes, pour les centres sociaux, pour une politique écologique… »