Éditions Les Avrils, 2026, 224 pages, 20 euros
Bagarre. Le titre accroche l’œil, questionne, puis donne envie d’acheter le livre.
Et puis la plume d’Émilia Petrakis fait tout de suite le reste. Poétesse, combattante, son premier roman nous fait découvrir les compétitions de Mixed Martial Arts, un monde que la gauche, pour tout un tas de raisons, ne connaît pas et ne fréquente pas.
On y suit Sara Ferreira, qui vient de perdre un combat et dont toutes les certitudes vacillent. Elle a 38 ans maintenant, le prime de sa carrière est probablement derrière elle, et elle ne sait pas ce qu’elle va faire à présent.
Son père, à qui elle ne parle plus, vient d’avoir un AVC. Sans conviction, Sara accepte de donner des entraînements aux filles du club où vient de s’inscrire Amandine, qui très vite l’admire.
Au fil de l’année, Sara se cherche des raisons de continuer, de combattre.
C’est un beau roman, dynamique et sensible, féministe quelque part, aux chapitres entrecoupés de citations de combattantEs de MMA. Il nous fait entrer dans les corps et dans les groupes, dans cette communauté. Il parle ainsi d’émancipation par le sport, d’empouvoirement, de lien et de solidarité.
Il y a ainsi cette scène formidable qui permet de comprendre ce qu’iels y cherchent et trouvent. C’est celle où Papi, Ilyès, Moussa et Sara sont en voiture pour aller assister au combat de Chris, membre comme elleux de l’Alpha Team, et où Papi raconte ses déplacements et ses premiers combats…
Les Avrils est une jeune maison, audacieuse dans ses choix éditoriaux, et elle le prouve encore avec Bagarre.
Sally Brina