Publié le Dimanche 11 janvier 2009 à 22h56.

CPE - Délibéré pour le 4 février - Paris-Normandie (9 janvier 2009)

Soumis par bernay27 le dim 11/01/2009 - 22:56

Mars 2006. Comme partout en France, des centaines de lycéens manifestent contre le projet de loi sur les Contrats première embauche (CPE), pendant plusieurs jours dans les rues de la Bernay et aux abords de leurs établissements. Pas de gros débordements à déplorer mais une ambiance électrique et quelques dégradations. Parmi la foule des manifestants, Thierry Martin, un parent d'élève bien connu pour ses activités militantes au sein de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), et auprès des lycéens en particulier, qui, une fois l'agitation retombée, est poursuivi pour violence à l'encontre de la proviseur du lycée Fresnel, Béatrice Potier à l'époque, menace contre un agent de service du même établissement, dégradation du portail du lycée Ader, et intrusions dans les trois lycées de la ville. 
Des accusations qu'il continue de réfuter ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Bernay où son procès s'est tenu, deux ans et demi après les faits ! Pour l'accompagner, une soixantaine de membres du comité de soutien qui s'est constitué dès le début de l'affaire. 



« Dépassionner le mouvement » 


« J'ai une relation privilégiée avec les lycéens. Ce sont eux qui m'ont demandé d'encadrer ce mouvement. J'ai jugé qu'il était de mon devoir de le faire connaissant l'impétuosité de la jeunesse », explique le prévenu à la barre. Une ligne de défense qu'il maintient tout au long de l'audience. Notamment pour justifier sa présence dans l'enceinte des lycées Ader et Saint-Anselme (qu'il conteste concernant Fresnel). « Il y avait une effervescence totale pendant ces manifestations. Mon rôle a toujours été de dépassionner le mouvement. »

Un rôle de médiateur que ne lui reconnaît pas Béatrice Potier, partie civile, présente à l'audience, qui maintient avoir reçu un coup d'épaule donné volontairement par Thierry Martin. « Il est possible que dans cette foule mouvante quelqu'un ait été bousculé. En aucun cas je ne l'ai fait », se défend ce dernier.

Des délits pour lesquels, selon la loi, le prévenu encourt des peines de 3 à 5 ans de prison ! Le procureur, après avoir dédramatisé les faits qui lui sont reprochés (« ces peines ne sont pas adaptées au cas de M. Martin », concède-t-il) estime que « pour autant, ces actions ne sont pas totalement exemptes de reproches ». Il requiert une amende de 300 € pour les trois intrusions, 200 € pour les violences à l'encontre de Mme Potier et 250 € pour la dégradation du portail, et réclame la relaxe pour les menaces à l'encontre de l'agent de service, faute de preuves.

Au-delà des faits qui lui sont reprochés, et que l'avocat du prévenu, Olivier Mouchabac, a contestés un à un, c'est selon lui « un procès qui touche à la liberté d'expression et à la liberté de manifestation. Thierry Martin dérange, on a trouvé un moyen de le faire taire », lance l'avocat qui prétend que « ce dossier a été monté entièrement à charge », et qui souligne la convocation tardive du prévenu devant le tribunal, proche de la prescription. « Ce que veulent faire les plaignants, c'est condamner un bouc émissaire pour les dégradations commises par 500 étudiants. »

L'affaire est mise en délibéré pour le mercredi 4 février prochain. Thierry Martin se dit « serein » quant à son issue.

M. P.