par João Pedro Stedile
Source : http://amisdessansterre.blogspot.com/
A l’occasion du 25e anniversaire du Mouvement des paysans sans terre brésilien, nous publions une tribune d’un de ses plus célèbres dirigeants.
En janvier 1984, il y avait un processus de croissance du mouvement de masses au Brésil. La classe ouvrière était en train de se réorganiser, accumulant des forces organiques. Les partis clandestins étaient déjà dans la rue, comme le Parti Communiste Brésilien (PCB), le Parti Communiste du Brésil (PCdoB), etc. Nous avions conquis une amnistie partielle, la majorité des exilés étaient revenus.
Le Parti des Travailleurs (PT) s’était déjà formé. A l’instar de la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) et du Congrès National des Classes Travailleuses (CONCLAT), impulsé par les communistes et qui allait se fondre dans la CUT.De larges secteurs des églises chrétiennes, inspirés par la théologie de la libération, étendaient leur travail de fourmi pour créer de la conscience et des noyaux de base en défense des pauvres. Il y avait partout de l’enthousiasme parce que la dictature était en train d’être vaincue et la classe travailleuse brésilienne était à l’offensive ; en luttant et en s’organisant.
En milieu rural, les paysans vivaient le même climat et menaient la même offensive. Entre 1979 et 1984, des dizaines d’occupation de terre furent organisées dans tout le pays. Lesposseiros , les sans terre, les salariés ruraux se défirent de la peur et se mirent à lutter. Ils ne voulaient plus migrer à la ville comme des boeufs marchant vers l’abattoir (selon l’expression du fameux poète uruguayen Zitarroza).