Publié le Mercredi 16 septembre 2026 à 15h00.

Budgets Lecornu : le ruissellement vers le haut

Dans la rue et au Parlement, nous devons censurer les budgets d’austérité que Lecornu veut nous imposer en prenant sur le financement des urgences sociales et climatiques comme sur nos retraites. Et toujours pas question de toucher aux assistés du CAC 40 !

 

Pas moins de 30 milliards à arracher aux services publics et aux classes populaires, dont 6 milliards sur nos retraites ! Et le gouvernement veut faire adopter ces budgets sans majorité parlementaire, à quelques mois de l’élection présidentielle. Un pari que nous pouvons faire échouer. Comme le dit Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT : « La question du budget, c’est combien de pompiers, combien de Canadairs, combien de soignants, combien d’écoles et de crèches ? » Ajoutons-y la désindexation des retraites, la suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions, le gel du point d’indice des fonctionnaires…

L’Insee a ramené sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4 %, le déficit dépassera 5 % et les taux auxquels la France emprunte à dix ans sur les marchés financiers ont franchi les 4 %. Les seules marges de manœuvre que le gouvernement Lecornu envisage, ce sont encore et toujours les attaques contre les plus pauvres, les salariéEs, les retraitéEs, les chômeurEs et les malades. Celles et ceux qui paient déjà la crise et n’en sont pas responsables !

Le Medef et l’armée chouchoutés

Car l’austérité n’est pas pour tout le monde ! Pendant que la Macronie rationne les hôpitaux et les pensions, les budgets militaires vont augmenter de 6,2 milliards d’euros en 2027, au nom de la loi de programmation militaire, qui prévoit une hausse de 36 milliards d’euros sur 2026-2030. Et évidemment, pas question de toucher aux 211 milliards d’aides massives au patronat révélées par le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises, dont 80 milliards d’exonérations de cotisations sociales ! Macron, c’est le ­ruissellement vers le haut !

Nos luttes peuvent changer la donne

À la Fête de l’Humanité, LFI, le PCF, les Écologistes et même les représentantEs du PS se sont dits prêts à censurer les budgets Lecornu. Mais Marine Le Pen, devant les parlementaires RN au Touquet, a ouvert la porte à une non-censure en affirmant préférer « un budget imparfait » à une loi spéciale. Sans doute veut-elle rassurer le Medef et la droite sur la « responsabilité » d’un gouvernement Le Pen-Bardella, en demandant elle aussi des « économies » pour rentrer dans les clous des 3 % de déficit — au risque de montrer bien trop tôt à ses électeurEs que, loin de défendre « le peuple », le RN est aussi un parti du capital, qui ne surfe sur les colères populaires que pour les détourner contre les étrangerEs.

Des pompiers aux fonctionnaires, des personnels des hôpitaux aux opposantEs aux pesticides, une série de mobilisations sociales vont marquer la rentrée. Elles doivent converger pour bloquer l’austérité et imposer des réponses à l’urgence écologique. Elles peuvent aussi changer le climat politique, faire que l’espoir change de camp. Le RN n’est pas une fatalité. Cela dépend aujourd’hui de nos luttes : elles doivent être fortes, unitaires, auto-organisées et porteuses d’exigences populaires !