En Saxe-Anhalt, l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) a recueilli 44 % des voix : un score historique pour ce parti issu de l’extrême droite néonazie, et un avertissement qui dépasse largement l’Allemagne. Son programme est sans ambiguïté. Au nom de la « remigration », l’AfD veut expulser les personnes étrangères et les citoyenNEs allemandEs jugéEs « non assimiléEs ». Elle entend également en finir avec toute politique de « contrition » vis-à-vis de l’héritage nazi.
Difficile, toutefois, de construire un internationalisme fasciste lorsqu’on est nationaliste : l’AfD est aujourd’hui en froid avec le RN. Celui-ci a pris ses distances au nom de « la défense de l’intérêt français face à des prises de position contraires à l’intérêt de la France ». SeulEs les zemmouristes ont ouvertement salué ce résultat. Sarah Knafo en a résumé la portée en des termes très clairs : « De manière à la fois lucide et sereine, je vais vous dire […] que je sais reconnaître une vague occidentale quand j’en vois une. »
En France, chacunE y est allé de son indignation face à la victoire de l’AfD, jusqu’au ministre Benjamin Haddad, qui n’hésite pourtant pas à rendre hommage à des pétainistes. Mais voir les néonazis aux portes du pouvoir dans un Land allemand s’inscrit dans un processus : leur progression s’est nourrie d’un discours toujours plus autoritaire et raciste, sur un terrain préparé par la droite libérale et ses politiques austéritaires, répressives et racistes.
Le parallèle avec la situation française saute aux yeux.
L’AfD pourrait désormais accéder à la direction du Land avec l’appui d’un petit parti confusionniste issu de la gauche, qui combine mesures sociales, rejet de l’immigration et soutien à la Russie, dans le cadre d’une alliance rouge-brune.
La dynamique fasciste est bel et bien à l’œuvre, et ses premières cibles sont déjà désignées : les personnes racisées, musulmanes et LGBT+. La victoire de l’AfD constitue une alerte sérieuse.