La séquence ouverte le 7 octobre 2023 par l’action militaire de la branche armée du Hamas et d’autres groupes de Gaza se poursuit trois ans après.
Malgré un cessez-le-feu vieux d’un an qui n’en a que le nom, la « situation palestinienne » reste sans perspective de résolution et reste un marqueur de l’intensité des conflits internationaux.
Cauchemar à Gaza
Pour Gaza, le cauchemar entre dans sa quatrième année. Les attaques ont tué directement 80 000 personnes, mais les causes indirectes en auraient tué deux à trois fois plus ; au moins 20 000 enfants ont été assassinés.
Malgré leur diminution depuis le cessez-le-feu officiel du 10 octobre 2025, les massacres se poursuivent. L’armée israélienne a réduit l’espace disponible aux Gazaouis à 37 % de la bande et tue sans sommation quiconque s’approche. L’aide humanitaire et les marchandises sont plus drastiquement limitées qu’avant 2023. Des villes et des zones d’habitation ont été rasées, comme Rafah, qui n’existe plus. Des millions de tonnes de décombres et des dizaines de milliers de tonnes de munitions non explosées subsistent.
Le bilan total des morts sera difficile à établir : Israël évacue aussi les décombres et les cadavres de son côté pour effacer les preuves de cette gigantesque fabrique de mort et de destruction organisée depuis trois ans.
Sans compter les dynamitages systématiques, Israël a largué près de 200 kt, soit un tiers du tonnage largué par les États-Unis durant toute la Seconde Guerre mondiale, tous théâtres d’opérations confondus. À comparer aux bombardements de Dresde (3,9 kt), Hambourg (8,5 kt) ou Londres (19 kt). C’est ce niveau de destruction massive que cet « anniversaire » doit marquer.
Et pour toustes les PalestinienNEs
Il ne se limite pas à Gaza. En Cisjordanie, à Jérusalem-Est et contre les citoyenNEs « arabes » d’Israël (les PalestinienNEs de 48), le projet colonial et génocidaire israélien se déploie systématiquement et violemment.
Les attaques de colons ont augmenté de manière exponentielle. Aidés de l’armée, ils empêchent systématiquement la récolte des olives. Des villages entiers sont menacés de pogroms. Toute résistance se heurte à l’armée, qui utilise les colons comme colonne avancée.
Dans les camps de réfugiéEs de Jénine et Tulkarem, l’évacuation de zones entières a contraint des dizaines de milliers de personnes, déjà réfugiées, à fuir leur logement.
Des villages sont détruits dans le Néguev, comme la maison du Bédouin acclamé pour avoir protégé des dizaines de participantEs au festival Nova le 7 octobre.
Les 200 000 travailleurEs palestinienNEs qui travaillaient régulièrement en « Israël » ont perdu leur emploi après la révocation de leurs permis.
Depuis trois ans, la vie de millions de PalestinienNEs a été bouleversée. Selon le dernier rapport de l’association de soutien aux prisonnierEs Addameer, Israël a arrêté 7 352 PalestinienNEs depuis début 2026, soit 26 par jour.
Depuis le 7 octobre, environ 26 000 PalestinienNEs ont été arrêtéEs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dont 2 000 enfants et plus de 800 femmes. Environ 9 300 restent emprisonnéEs, dont 4 520 sans inculpation ni procès, et 92 ont été tuéEs en détention. La peine de mort votée par le gouvernement israélien contre les prisonnierEs palestinienNEs est donc, d’une certaine manière, déjà appliquée…
Une société israélienne en crise
Paradoxalement, le gouvernement de Benyamin Netanyahou, constitué en novembre 2022, aura été le plus stable et le plus à droite de l’histoire israélienne. Les élections de fin octobre pourraient clore un cycle pour Netanyahou, accusé d’avoir sciemment laissé faire le 7 octobre sans rien dire. Mais ce spécialiste de la longévité politique a toujours trouvé dans la société israélienne les ressources pour rester au pouvoir : il suffit de tuer des PalestinienNEs, des LibanaisEs ou des IranienNEs. Aucun candidat ne remet en cause le caractère colonial, génocidaire et d’apartheid du régime. Même les plus « modérés » rivalisent dans la surenchère sur Gaza, l’Iran, etc.
La société israélienne est pourtant en crise, son économie en lambeaux, ses réservistes armés ayant participé à l’un des premiers génocides du 21e siècle.
Les élections palestiniennes sont reportées à septembre 2027, plus de 20 ans après les dernières. Les perspectives politiques n’ont jamais semblé aussi sombres. Pourtant, la résistance existe : malgré les difficultés, les cours reprennent à Gaza, des PalestinienNEs organisent des groupes d’autodéfense en Cisjordanie et Israël n’a jamais semblé aussi isolé.