Le RN se présente comme un défenseur des femmes. Mais ses votes, ses propositions et les décisions de ses maires racontent une tout autre histoire.
Défense de la famille traditionnelle, attaques contre le Planning familial et les droits LGBTQIA+, instrumentalisation raciste des violences sexistes restent ses fondamentaux.
Le retour au foyer en guise de programme
Marine Le Pen et Jordan Bardella ont beau soigner leur image, leur parti reste profondément réactionnaire. Son modèle, c’est la famille « traditionnelle », avec une mère chargée des enfants et du foyer. En 2016, l’eurodéputé FN Dominique Martin expliquait que les femmes au foyer permettraient de « libérer des emplois ». En 2023, le député RN Jocelyn Dessigny affirmait qu’« une mère au foyer est peut-être mieux à la maison ». Derrière le discours sur le « libre choix », on retrouve la dépendance économique des femmes et le travail domestique gratuit.
Même double discours sur l’IVG. Lors du vote de 2024 pour son inscription dans la Constitution, seuls 46 des 88 parlementaires RN ont voté pour. Au Parlement européen, ses éluEs ont refusé de soutenir une condamnation des restrictions quasi totales de l’avortement en Pologne. Les eurodéputéEs RN se sont abstenuEs sur des textes concernant la transparence des rémunérations et la Convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes.
Dans les mairies RN, les attaques se concrétisent
À Carpentras, en juin 2026, le nouveau maire RN Hervé de Lépinau a supprimé les 3 000 euros de subvention municipale au Planning familial. Il lui reprochait son opposition au RN et ses positions inclusives pour les personnes trans. À Harnes, la municipalité RN a annulé un ciné-débat LGBT+ préparé avec une association locale, avant d’organiser son propre événement avec une association créée par des éluEs RN… dissoute deux mois plus tard.
Ces décisions illustrent l’hostilité du RN aux associations féministes et LGBTQIA+ lorsqu’elles défendent les droits des personnes concernées. Le parti s’en prend aux personnes trans et aux mobilisations LGBTQIA+, tout en prétendant parfois défendre les homosexuelLEs pour mieux stigmatiser les musulmanEs et les personnes immigrées.
Protéger les victimes, sauf quand elles sont étrangères
Les débats d’octobre 2026 sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ont confirmé ces priorités. Le RN a voulu supprimer des protections contre l’expulsion prévues pour les victimes étrangères. Son amendement supprimant l’accès anticipé au travail de certaines demandeuses d’asile victimes de violences sexuelles a été adopté, avec des voix de droite et de macronistes. En parallèle, le RN réclamait des expulsions systématiques pour les agresseurs étrangers : plutôt que de garantir les droits de toutes les victimes, il trie selon la nationalité. Il a finalement voté la loi, après s’être félicité d’avoir contribué par ses amendements racistes à rendre le texte encore « plus répressif » et à en exclure les femmes et enfants les plus précaires.
Le RN parle des violences faites aux femmes surtout lorsqu’il peut désigner les hommes noirs, arabes ou étrangers comme menace. Les violences conjugales, les inégalités salariales, la précarité et le manque de moyens pour accueillir les victimes passent après son obsession des frontières.
Le danger est déjà visible dans ses votes et dans les municipalités qu’il dirige. Défendre l’IVG, l’autonomie économique, les associations féministes et les droits des personnes LGBTI, c’est aussi combattre le racisme et l’extrême droite.