Dernière rentrée pour la macronie, et quelle rentrée ? Sur le fil… pour la troisième année consécutive. Les discussions sur les budgets de l’État et de la Sécurité sociale s’annoncent serrées et leur adoption impossible. Cette année, en plus, l’été a été accablant pour le gouvernement et son inaction politique.
Le Monde l’affirme : « Une inquiétude point au sein du gouvernement : que la dernière ligne droite du mandat d’Emmanuel Macron serve de catalyseur à la dynamique du Rassemblement national (RN) et de LFI, notamment en cas de crise politique majeure. » Ce gouvernement a toutes les raisons d’être inquiet — inutile de savoir lire les signaux de fumée —, comme les travailleurEs ont toutes les raisons d’être en colère.
Un été accablant pour le gouvernement
L’été n’a pas seulement été brûlant. Les mégafeux ont profondément modifié, à grande échelle, nos représentations de l’accélération du réchauffement climatique et de ses conséquences.
Le bilan de Lecornu, mais aussi des gouvernements des vingt dernières années, est à cet égard édifiant : rien. Pire, au nom des restrictions budgétaires, les services publics d’incendie et de secours ont été savamment sous-dimensionnés, comme, d’ailleurs, l’ensemble des services publics depuis vingt ans ! Avec des conséquences inévitables en cas d’incendie… Et ce n’est pas l’Europe des capitalistes qui va aider les pays du Vieux Continent à coordonner une action climatique qui pourrait entraver les affaires !
Et comment expliquer les fuites de données à répétition au niveau des finances publiques et de l’Éducation nationale, mettant en péril l’accueil des élèves dans de bonnes conditions et menaçant les salaires de centaines de milliers de personnes ? Chaque année depuis 2023, selon la CNIL, la France explose son record de vols de données : 6 167 fuites de données en 2025, en hausse de 10 % par rapport à l’année précedente. En 2025 et 2026, environ 80 fuites ont concerné au moins 1 million de FrançaisEs.
Au début de l’été, l’affaire Lyhanna a mis tragiquement en lumière le manque de moyens de la Justice, et si Darmanin ne nous a pas épargné ses exaspérations, il porte lui-même une part de responsabilité dans cette situation !
La colère est légitime
L’ampleur des renoncements en matière de lutte contre le réchauffement climatique et pour l’environnement n’est plus à démontrer. On n’attendait rien d’un gouvernement qui laisse passer le vote de la loi Duplomb et fait des cadeaux à la FNSEA, on est quand même en colère…
Et sur le front économique et social, rien ne change. La main invisible du marché continue de gouverner. Tandis que les prédateurs capitalistes se partagent les richesses et le monde, les peuples trinquent : prix de l’essence, augmentation du chômage, de la précarité et de la pauvreté… Et pour les « économies », ce sont toujours les mêmes qui paient : haro sur les arrêts de travail, blocage du montant des retraites, préparation de l’austérité à l’école...
Construire un mouvement d’ensemble
On a toutes les raisons d’être en colère et de vouloir changer les choses. Elles ne changeront pas toutes seules. Chaque lutte a son importance et doit rassembler le plus de monde possible. Il nous faut donc travailler à mobiliser. Le 7 septembre auront lieu des rassemblements féministes pour une loi intégrale contre les violences sexuelles ; le 20 septembre, on se mobilise contre le « permis de tuer » pour les policiers ; le 26 septembre, on marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale ; et le 28 septembre, comme chaque année, c’est la Journée internationale pour le droit à l’avortement.
Mais surtout, d’ores et déjà, plusieurs dates de grève sont annoncées, qui doivent être les prémisses d’une mobilisation contre le budget de guerre sociale qui va arriver. Le 15 septembre, l’Enseignement supérieur et la recherche se mobilisent, mais aussi les industries électriques et gazières ou le secteur médico-social, qui sont également appelés à la grève ; et le 29 septembre, grève dans toute la fonction publique. Tous ensemble, contre ce gouvernement de la répression, de l’inaction climatique et de la casse sociale, nous pouvons imposer une autre répartition des richesses, le 100 % Sécu et l’extension de la gratuité !