Poursuites judiciaires contre des syndicalistes, dissolutions d’organisations, interdictions de manifestations, gardes à vue pour des publications sur les réseaux sociaux, gels d’avoirs, sanctions disciplinaires ou violences policières : la répression s’étend aujourd’hui à l’ensemble des mouvements sociaux.
C’est pour répondre à cette offensive qu’une manifestation nationale contre toutes les répressions se tiendra à Paris le 20 juin à l’appel de nombreuses organisations syndicales, étudiantes, associatives et politiques.
Une offensive contre les syndicalistes
L’appel est né autour de la solidarité avec plusieurs militantEs syndicaux de La Poste condamnés à l’issue d’une procédure judiciaire vieille de plus de dix ans. Mais cette affaire est loin d’être isolée. Selon la CGT, plus de 1 000 militantEs syndicaux ont fait l’objet de poursuites judiciaires ou disciplinaires depuis 2023.
Les attaques contre les libertés syndicales se multiplient : poursuites contre Sophie Binet, sanctions contre des représentantEs du personnel, menaces contre les Bourses du travail. À mesure que les gouvernements imposent leurs politiques antisociales, ils cherchent à affaiblir les capacités de résistance du monde du travail.
Écologistes, soutiens de la Palestine, antifascistes
Cette logique touche bien au-delà du mouvement syndical. Les mobilisations écologistes contre les mégabassines, l’autoroute A69 ou d’autres projets de bétonisation ont fait face à une répression massive. Les Soulèvements de la Terre ont même été menacés de dissolution.
La solidarité avec la Palestine est également dans le viseur. Omar Alsoumi, porte-parole d’Urgence Palestine, a subi perquisition, garde à vue, gel de ses avoirs et poursuites pour « apologie du terrorisme ». Gabriel Cardoen est lui aussi poursuivi. Olivia Zemor, Rima Hassan ou encore Anasse Kazib font partie des nombreuses personnalités visées par des procédures judiciaires ou administratives.
Les militantEs antifascistes sont également frappéEs, comme l’a montré la dissolution de la Jeune Garde.
Contrôler la jeunesse
La jeunesse populaire est elle aussi une cible privilégiée. Répression des mobilisations étudiantes, poursuites contre les organisateurEs de free parties, dispositifs policiers lors de rassemblements festifs ou traitement sécuritaire des célébrations après la victoire du PSG : tout ce qui échappe au contrôle des autorités tend à être présenté comme un problème d’ordre public.
Les récentes annonces gouvernementales visant à faire payer certaines dégradations en prélevant sur les prestations sociales illustrent ce durcissement.
Construire la riposte
Face à cette offensive, les initiateurEs de l’appel veulent construire une réponse unitaire. Parmi les premiers signataires figurent notamment l’Union syndicale Solidaires, plusieurs structures CGT, des organisations de jeunesse, La France insoumise, le NPA-l’Anticapitaliste, le NPA-R, Révolution permanente. Des personnalités comme Mathilde Panot, Danièle Obono, Olivier Besancenot, Guillaume Meurice, ou Jean-Pierre Mercier soutiennent également l’initiative.
La manifestation du 20 juin sera l’occasion d’affirmer qu’aucune lutte ne doit rester isolée et que la solidarité demeure notre meilleure arme face à toutes les répressions.