Publié le Samedi 31 mai 2014 à 08h00.

Poissy / Saint-Germain-en-Laye (78) : hôpitaux malades, personnels et usagers mobilisés

« Des métiers formidables, des conditions fors minables » : un mot d’ordre qui résonne de plus en plus dans le monde du travail en souffrance. Quand il s’agit de la santé et notamment de la psychiatrie d’un grand hôpital comme celui de Poissy / Saint-Germain-en-Laye, cela devient carrément insupportable...

C’est cela qu’ont exprimé mardi 20 mai les hospitaliers en lutte depuis des mois, lors de la visite d’entreprises des Yvelines en lutte par Olivier Besancenot, tête de liste pour les européennes en Île-de-France.Malgré le droit d’alerte, les débrayages journaliers depuis le 3 mars avec piquet de grève animé à l’entrée de l’hôpital, le soutien de SUD, de la CGT et le collectif de défense de l’hôpital, la direction reste sourde aux revendications. Sous-effectifs chroniques, fermeture de lits, surcharge des tâches, manque de temps, vétusté scandaleuse des locaux, pressions pour multiplier les actes et les sorties prématurées... Tout cela entraîne culpabilisation et stress des soignantEs, et souffrances aggravées des patientEs, mais aussi une révolte légitime du personnel. La seule réponse de la direction aux demandes de moyens tant matériels que professionnels, est de faire appliquer une gestion comptable aux ordres de la politique de rentabilité financière de l’ARS, bras armé de l’application de la loi HPST, particulièrement aggravée par la loi de 2011 sur les hospitalisations sous contrainte, demandant plus de personnel !

Coupes très sombresPoissy est un exemple de la psychiatrie maltraitée, comme de nombreux services hospitaliers à qui le gouvernement veut encore imposer nationalement des coupes sombres : 10 milliards d’économies réalisées forcément sur le personnel, comme à Poissy par des centaines de départs non remplacés. Par ailleurs, partout à l’hôpital, se met en place de façon insidieuse une forme de « polyvalence » déqualifiante entre services et métiers pour pallier le manque d’effectifs, dégradant encore la qualité des soins. On craint aussi le gel probable d’un nouveau et plus que nécessaire service des urgences. Après la fermeture des urgences de Saint-Germain, l’engorgement actuel serait dramatiquement aggravé par le scandaleux démantèlement programmé de l’hôpital de proximité de Maisons-Laffitte, offert au privé... Le NPA soutient la volonté de coordination départementale yvelinoise des collectifs de défense usagers/personnel de ces hôpitaux en lutte, tout en popularisant les mobilisations locales en cours. Tout cela montre une juste et profonde volonté de refuser la marchandisation de la santé au détriment de tous... sauf du privé !

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