Publié le Mardi 27 janvier 2026 à 10h09.

État d’urgence au CHU de Rennes

Ce jeudi 22 janvier s’est tenu un rassemblement pour la défense du CHU de Rennes à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, SUD, UNSA), suite à l’engorgement important des urgences survenu ce mois-ci, durant lequel deux patients sont décédés la même nuit dans le service. 200 personnes ont répondu à l’appel.

Contrairement à ce que défend la direction, cet engorgement était prévisible et pouvait être prévenu ! L’épidémie de grippe qui a précipité la crise survient chaque année et les courbes de l’épidémie étaient connues, la grève des médecins libéraux était annoncée depuis novembre.

L’organisation du chaos

Les causes de la crise sont structurelles et anciennes, le service des urgences est sous-dimensionné depuis de nombreuses années. Prévu pour 150 passages par jour, il en accueille 200 à 250 et doit maintenant accueillir les urgences cardiologiques et psychiatriques sans augmentation de la taille des locaux. Les lits d’aval* d’hospitalisation manquent du fait des suppressions importantes de ceux-ci et des suppressions de postes.

Les services hospitaliers et le service social, mis sous pression par la direction pour raccourcir les séjours avec un manque de moyens humains criant, ne permettent pas d’assurer un retour à domicile fiable et sûr, ce qui entraîne des réhospitalisations précoces aux urgences, augmentant d’autant plus le nombre de passages. Le service social a lui aussi été en grève en fin d’année dernière pour dénoncer le manque de personnel, d’attractivité et la surcharge de travail que cela entraîne. Plus largement, l’absence de places d’EHPAD disponibles, le faible maillage en médecins généralistes, infirmier·es et aides à domicile prolonge les hospitalisations, engorgeant les services.

Grève !

L’intersyndicale réclame donc l’ouverture de 50 lits dans de vraies unités de soins dont les locaux sont actuellement disponibles. Cela permettrait de désengorger les urgences et de limiter la surcharge de lits ditS « hôpital en tension », ouverts dorénavant une grande partie de l’année, entraînant une dégradation de la qualité des soins et des conditions de travail des soignant·es. Elle demande également l’augmentation du personnel paramédical aux urgences et au SAMU pour une meilleure prise en charge des patient·es et mieux répondre à l’augmentation des appels.

Elle a pour cela rencontré la direction et l’ARS les 22 et 23 janvier. Celles-ci ne proposent que l’ouverture de 20 lits de SMR au CHU et des lits d’hospitalisation dans les cliniques privées lucratives de Rennes, qui ont fait défaut en janvier avec des fermetures de lits alors que le CHU était en grande difficulté. Une responsable CGT du centre hospitalier privé de Saint Grégoire, près de Rennes, est d’ailleurs intervenue durant le rassemblement pour dénoncer ces transferts de lits du public vers le privé lucratif.

Les syndicats appellent à la grève de tous les services de l’établissement à partir du 22 janvier pour faire entendre leurs revendications.

CorrespondantEs