Publié le Vendredi 6 mai 2011 à 11h36.

La dépendance n’est pas une marchandise !

Le projet gouvernemental de financement de la dépendance est une attaque de plus contre l’accès aux soins pour toutes et tous et un nouveau cadeau pour les assurances privées. L’appel d’Attac et de la fondation Copernic est un point d’appui pour organiser la riposte face à ce projet de loi qui prépare la destruction de l’ensemble de la Sécurité sociale. Le NPA est signataire de l’appel initié par la fondation Copernic et Attac sur la dépendance1. Cet appel revendique « la prise en charge à 100 % de la perte d’autonomie par la Sécurité sociale, un système obligatoire, universel et solidaire, sans condition d’âge ni de ressources », à l’opposé du projet gouvernemental qui veut imposer, à partir de 50 ans, l’adhésion obligatoire à une assurance privée. Après avoir sévi dans les hôpitaux, Roselyne Bachelot s’occupe de la dépendance. Elle « concerte ». Quatre groupes de travail thématiques2 regroupant « des élus, des experts, les représentants des grandes centrales syndicales, des représentants des usagers, les principales associations du secteur et des professionnels » sont censés préparer les dispositions gouvernementales. Les confédérations syndicales ont accepté des strapontins dans cette mauvaise comédie et ne préparent aucune riposte. C’est regrettable. Les grandes lignes du projet gouvernemental sont pourtant connues : le financement par les cotisations sociales et même par l’impôt est écarté. Il ne peut être envisagé, selon les déclarations de ministres dans le cadre des débats officiels, « d’alourdir le coût du travail et d’augmenter la dette en reportant le financement sur les générations futures pour financer la dépendance ». Ils souhaitent « le maintien d’un socle de solidarité et apporter la garantie de l’État à ceux qui ont souscrit des contrats d’assurance », l’assistance pour les plus pauvres et l’assurance pour les autres ! Sans oublier : « la famille, un déterminant essentiel de l’accompagnement de la dépendance »2. Et pourquoi s’arrêter en si mauvais chemin ? À la suite de Sarkozy, Fillon a expliqué que « la modernisation de notre système de protection sociale s’impose à nous. Nous avons commencé avec la réforme des retraites […] Il faudra ensuite sérier les pistes de financement : assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle ? » En bref, après la dépendance, toute la Sécu y passera ! L’appel Copernic-Attac est un point d’appui pour construire la mobilisation. Les divergences entre des organisations signataires sur les modalités de financement (le NPA s’oppose à la CSG et à la fiscalisation, qui exonèrent les employeurs de l’essentiel de leur contribution) ne doivent pas être un obstacle à l’action unitaire. Des réunions-débats vont être organisées dans les prochaines semaines3. Ce sera l’occasion de débattre des modalités de la lutte indispensable pour faire échec au gouvernement. Le NPA propose une échéance : à l’occasion du débat parlementaire sur la loi de financement de la Sécurité sociale. C’est à ce moment que le gouvernement voudra prendre les mesures concrètes sur la dépendance.

Stéphane Bernard1. « Exigences citoyennes sur la prise en charge de la perte d’autonomie », à lire sur www.npa2009.org2. Voir le site officiel : www.dependance.gouv.fr 3. Pour la région parisienne, le mardi 14 juin.Pour plus d’informations et d’analyses, voir le site de la Commission santé-Sécu-social du NPA : http://siteinfosecusante.free.fr