Publié le Jeudi 26 janvier 2012 à 21h45.

Les chômeurEs occupent Pôle Emploi !

N’étant pas invités au sommet « social », les chômeurs avaient décidé de faire entendre leur voix. Des actions avaient été annoncées dans une trentaine de villes. Retour sur quelques exemples.À Nancy, les militantEs du collectif la Crise et de la CGT Pôle Emploi se sont renduEs à une réunion « proposée » à des chômeurEs pour faire la pub des boîtes. Le directeur de l’agence est interpellé sur les radiations, l’accueil unique, les contrôles d’identité… Puis c’est la CAF de Nancy qui est visitée. Les salariéEs en grève occupent le CE où se trouve la directrice. En solidarité, des grévistes viennent voir les manifestantEs.

Malgré les tentatives de la direction qui cherche à mettre à dos les usagers – à qui l’on dit que ce sera fermé – et fait appel aux CRS, la situation se retourne. Les salariéEs rejoignent les manifestantEs : « Titulaires/allocataires solidaires ! » Le slogan est repris par toutes et tous, y compris les usagerEs. « Direction/démission ! Direction/RSA ! »

Il faut entretenir et développer la convergence entre usagerEs et salariéEs : le lundi 23 janvier a eu lieu une nouvelle action, à laquelle l’intersyndicale de la CAF a souhaité associer le collectif.

À Rennes, l’agence Pôle Emploi a pu être occupée le 17 janvier, et l’entrée a été murée dans la nuit du 18 au 19 avec le slogan « marre de parler à des murs », qui reflète bien la mise à distance organisée des chômeuErs par Pôle Emploi. Un nouveau rendez-vous est prévu le 25 janvier.

À Bordeaux, une cinquantaine de militantEs (AC ! Gironde, Attac 33, Désobéissants, MNCP, CNT STP, Sud Ptt, Sud Educ, Solidaires Pôle Emploi, GU, PG, NPA, EÉLV, PCOF 33) a tenté d’occuper Pôle Emploi de Bordeaux Saint-Jean. Mais l’agence était gardée par les flics... Néanmoins, une délégation de cinq personnes a été reçue à la direction régionale Aquitaine de Pôle Emploi.

À Paris, deux rendez-vous étaient fixés, un par le collectif « les Raisons de la colère » qui regroupe les associations de chômeurEs (excepté la CGT chômeurs) et deux syndicats de Pôle Emploi (SNU-FSU et SUD), l’autre par les Désobéissants. Le collectif s’est rendu au ministère du Travail. La délégation AC !, Apeis, MNCP qui a été reçue par un le cabinet de Xavier Bertrand est ressortie sans résultat.

Cette journée du 17 janvier fait ressortir trois éléments. L’attitude de la direction de Pôle Emploi considère les chômeurEs comme des ennemiEs et cherche par tous les moyens à leur empêcher tout dialogue avec les salariéEs de Pôle Emploi. À Vitry (94), par exemple, face au « risque » d’occupation, l’agence n’a pas ouvert du tout ! La direction avait embauché des vigiles pour l’occasion et les locaux de la direction régionale et de la direction générale était transformés en place forte…

La mobilisation a révélé aussi la nécessité de la convergence systématique entre organisations de chômeurEs et organisations syndicales, à commencer par celles de Pôle Emploi, pas toujours concernés par la question à part la CGT, le SNU (FSU) et SUD.

Enfin, elle montre les difficultés de l’unité des associations de chômeurEs, partagées entre une volonté de reconnaissance institutionnelle et la nécessité de créer le rapport des forces.

CorrespondantEs