Publié le Mercredi 21 octobre 2026 à 08h19.

Derrière le racisme, la politique antisociale !

140 milliards d’euros d’économies budgétaires sur cinq ans, pour rassurer les marchés financiers, dont 20 milliards d’économies sur la Sécurité sociale, 15 à 20 milliards sur les retraites et 36 milliards sur les dépenses hospitalières, voilà les projets chiffrés du RN !

 

Détourner la colère sociale vers la colère raciale, voilà la première fonction politique du RN. Mais à mesure que Le Pen et Bardella espèrent se rapprocher du pouvoir, il leur faut aussi convaincre les marchés financiers et les milliardaires qu’ils peuvent transformer leur force électorale en politique en faveur du capital. C’était le but de leur conférence de presse du 6 octobre, où, les yeux rivés sur les taux d’intérêt, ils ont annoncé un contre-budget qui vise à repasser le déficit public sous les 3 % dès 2028. Leur recette : une austérité redoublée pour tous et toutes, repeinte aux couleurs du racisme et de la préférence nationale, des coupes sans précédent dans la Sécurité sociale et les services publics, mais un cadeau de 17 milliards d’euros aux entreprises par la baisse des impôts de production.

 

36 milliards d’économies sur l’hôpital

Chaque année pendant cinq ans, le RN prévoit 7,2 milliards d’économies sur l’hôpital. Si on y ajoute sa volonté affichée de ne pas remplacer 22 000 postes dans la fonction publique hospitalière et de réduire de 10 % les effectifs administratifs, c’est l’assassinat de l’hôpital public, déjà exsangue, qui est programmé, mettant en danger personnels et malades ! 

Des malades qu’il n’oublie pas de culpabiliser pour réduire les dépenses, avec 450 millions en moins pour les affections de longue durée ! Si les dépenses liées aux ALD augmentent, ce n’est pas, comme le sous-entend le RN, parce qu’il y a plus de fraudeurs, mais parce que maladies chroniques et cancers explosent, notamment à cause des pesticides que le RN défend bec et ongles en votant pour la loi Duplomb et la loi d’urgence agricole ! 

Il veut aussi réduire les dépenses d’allocation aux adultes handicapés et d’allocation d’autonomie, qui permettent déjà à peine de survivre. Il propose aussi de supprimer l’aide médicale d’État (AME) pour les sans-papiers. En Espagne, restreindre leur accès aux soins a fait grimper leur mortalité de 15 % en trois ans, saturé les urgences devenues la seule forme d’accès aux soins, mais n’a pas permis de réaliser les 500 millions d’économies promis par la droite : les retards de traitement ont coûté beaucoup plus cher ! La santé ne connaît pas de permis de séjour, et laisser sans dépistage et sans traitement une personne porteuse d’une hépatite C ou d’une tuberculose est défavorable à la santé de toustes. 

Le RN propose aussi d’expulser des hôpitaux les médecins PADHUE, les praticienNEs à diplôme hors Union européenne, alors que sans elles et eux, l’hôpital public, déjà en grande difficulté, ne peut pas fonctionner.

 

20 milliards en moins pour nos retraites et la capitalisation !

Avec l’annonce d’une réforme qui baisserait de 15 à 20 milliards d’euros nos retraites, et d’un nouveau système d’épargne-retraite par capitalisation, individuel et collectif, le RN met à la poubelle sa promesse de revenir sur la réforme des retraites de 2023. Un rêve pour les capitalistes, où les salariéEs financent les marchés financiers, prennent les risques et perdent leurs droits collectifs garantis par la Sécurité sociale. 

Sans parler du rapprochement du brut et du net, une autre manière de dire qu’on baisse la part du salaire mise en commun par les salariéEs et payée par les patrons, ce qui prive la Sécu de recettes et alourdit encore les tarifs des complémentaires… pour ceux et celles qui peuvent payer ! Le RN, un danger pour nos droits sociaux.