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- Pour la troisième année consécutive, l'association Filmer le travail, avec la participation de (...)
- Comme beaucoup de jeunes rurales de sa condition au Brésil, Nice a quitté son village pour (...)
Pour la troisième année consécutive, l'association Filmer le travail, avec la participation de l'Espace Mendès France, propose un cycle de conférences original tant dans sa forme (étroite articulation entre conférences, projections et débats), son lieu (le planétarium de l'EMF) et ses contenus (les images et les sciences sociales). Cette année, le cycle abordera un thème nouveau, proche et souvent lié à celui du travail : la question des migrations.
Ce thème est hautement d'actualité tant dans l'agenda politico-médiatique que par l'intensité des travaux de recherche, des publications et des réalisations documentaires qui lui sont consacrés depuis quelques années. La programmation retenue avec l'aide scientifique de deux laboratoires de l'Université de Poitiers (MIGRINTER et GRESCO), obéit à un double impératif : d'une part, aborder les différentes formes d'articulation entre cinéma documentaire et sciences sociales ; d'autre part, rendre compte de la diversité des flux de migrations (internes, internationaux, sud-sud, sud-nord…).
Le premier rendez-vous se tiendra donc mardi 23 octobre 2012, au Planétarium de l'Espace Mendès France, dès 18h30.
Cycle 1 - Travail domestique et migrations internes
Lieu : Planétarium de l'Espace Mendès France, Poitiers.
Mardi 23 octobre 2012.
Possibilité de restauration à l'Espace Mendès France entre les deux séances.
18h30 : Conférence d'Armelle Giglio-Jacquemot, ethnologue, Université de Lille.
Au Brésil, où le travail domestique rémunéré représente le premier emploi féminin, nombre de jeunes femmes migrent des zones rurales ou de régions plus pauvres du pays pour s'employer comme bonnes dans des centres urbains plus développés. C'est le cas notamment des bonnes à demeure – dites « bonnes qui dorment au travail » – qui, parmi les plus pauvres et les plus jeunes des bonnes, sont aussi célibataires et peuvent, de ce fait, se soumettre aux longues journées de travail et aux restrictions de leur liberté de circulation. La réalisatrice et ethnologue commencera par rappeler ce contexte qui sert de toile de fond à son documentaire. Puis elle explicitera la stratégie de réalisation qu'elle a adoptée dans le but d'offrir un regard à la fois descriptif et compréhensif sur le travail et l'expérience de Nice, bonne au Brésil.
20h30 : Nice, bonne au Brésil / Nice, doméstica no Brasil de Armelle Giglio-Jacquemot Documentaire – France – 67 min – 2011 – Autoproduction
Comme beaucoup de jeunes rurales de sa condition au Brésil, Nice a quitté son village pour s'employer en ville chez des patrons aisés. Elle est bonne à demeure dans une grande maison où elle vit confinée. Caméra à la main, la réalisatrice accompagne la jeune femme qu'elle connaît depuis plusieurs années dans l'exécution, au jour le jour, de ses tâches domestiques.
« Durant les 67 minutes du film, je voulais que les spectateurs soient confinés comme Nice dans la grande maison où elle passe le plus clair d'une vie dominée par un travail harassant et asservissant, qu'ils ressentent sa solitude, son isolement, son sentiment de limitation et de stagnation, sa fatigue, suffisamment en tout cas, pour qu'il ne soit pas nécessaire qu'elle les en convainque par son discours mais que son discours vienne seulement confirmer et renforcer leur perception ou la mettre en mot. [...] Le but ultime [est] de communiquer au spectateur ma compréhension intime de l'expérience et de la vision de Nice. »
Retrouvez toutes les prochaines dates du Cycle dans la partie dates à venir de notre saison culturelle. Sur le site : http://filmerletravail.org/