Avec du retard, nous publions un numéro double de la revue, où nous revenons sur le bilan des élections municipales, qui donne des éléments de tour de chauffe des élections présidentielles de 2027. Dans un monde où tout se dégrade, notre camp social a besoin de toute urgence d’un arc antifasciste et anti-impérialiste déterminé à aller jusqu’au bout dans la perspective de la transformation révolutionnaire.
Fin mai, la France connaît un épisode de chaleur exceptionnel. Les thermomètres indiquent 34 °C à Brest, Besançon ou Auch. La température moyenne en France dépasse de plus de 9 °C les normales saisonnières. La question n’est pas de savoir si l’on va connaître des pics de chaleur à 50 °C, mais quand en arrivera-t-on là. Ce changement climatique s’accompagne de modifications des précipitations, plus intenses mais plus courtes dans le temps, entraînant une moins bonne irrigation des sols, une diminution de la quantité d’eau disponible et une augmentation des périodes de sécheresse, de un à deux mois sur le territoire. Personne ne se prépare aux modifications majeures que cela va représenter dans nos vies.
Le réchauffement annuel moyen est de +1,9 °C en France par rapport à la période préindustrielle, et il est essentiellement lié à la combustion d’énergies fossiles et en particulier aux activités militaires. Les puissances impérialistes et leur militarisme effréné n’ont pas — et ne peuvent avoir — pour projet de résoudre la crise climatique, ni à la prochaine réunion du G7, ni à aucun moment. Leur objectif reste le partage de leur monde et la course à la guerre (lire l’article de Raphaël Greggan, p. 4).
Plutôt que de dénoncer le génocide en Palestine, les députés macronistes préfèrent empêcher toute forme d’expression de solidarité (lire l’article d’André Rosevègue sur la loi Yadan, p. 7) et proposer des solutions ineptes sur le harcèlement scolaire (lire l’article de Radu Varl, p. 15).
Qui décide ? Qui dirige ?
Les dirigeants actuels du monde n’ont aucune réponse à apporter aux crises sociale, économique, écologique et politique. Au contraire, par leur marche à la guerre pour garder leurs prés carrés, ils démontrent chaque jour qu’ils sont les fidèles valets des classes dominantes et de leurs intérêts. Nous avons consacré le dossier de ce numéro au bilan des élections municipales. Avec Julian Mischi, nous nous interrogeons sur la place du mouvement ouvrier dans ces élections et des marges de manœuvre possibles (p. 17). Nous dressons le bilan des différentes expériences du NPA-A dans cette séquence : à Alençon (p. 28), à Saint-Ouen (p. 24) et à Toulouse (p. 21). Nous revenons sur le bilan de Philippe Poutou au conseil municipal de Bordeaux (p. 30). Hafiza b. Kreje interroge le bilan du RN à ces élections (p. 32). Au-delà des particularités locales, ces élections préparent la séquence présidentielle. Face au risque de victoire de l’extrême droite ou d’une droite réactionnaire et raciste qui s’affichent ouvertement comme telle, la gauche se divise en deux camps : accompagnement social-libéral ou radicalité. De notre point de vue, seule une gauche déterminée à affronter les classes dominantes, une gauche réellement antiraciste et antifasciste peut être un rempart à la vague brune qui vient. C’est tout l’enjeu de la séquence à venir, dans laquelle le NPA-A veut peser de tout son poids. D’où le besoin de revenir sur nos expériences locales d’arc antifasciste (lire l’article de la Coordination Mâcon solidaire, p. 52).
Débats dans la gauche
Dans ce numéro, nous continuons les débats sur la question animale (lire pp. 35-46). Nous nous posons la question de la nature politique du cinéma (p. 50). Enfin, nous revenons sur l’expérience de la mobilisation contre le CPE, vingt ans après (p. 48), où la question de l’unité de notre camp et la place de l’extrême gauche ont été des éléments déterminants pour la victoire. L’unité politique suppose que la gauche soit capable de discuter et de ne pas être d’accord, tout en gardant en tête nos intérêts supérieurs d’entraîner l’ensemble des exploité·es et des opprimé·es pour en finir avec la société capitaliste.