TotalEnergies profite largement des dictatures en Ouganda et en Tanzanie pour mener à bien son projet d’extraction d’énergies fossiles.
L’East African Crude Oil Pipeline (EACOP) est un projet de TotalEnergies visant à extraire le pétrole du lac Albert, en Ouganda, puis à le faire transiter sur 1 400 kilomètres via un oléoduc chauffé jusqu’au port de Tanga, en Tanzanie.
Faire taire les oppositions
Dès le début, une répression s’est abattue sur les opposantEs qui soulignaient les dangers du projet. Outre le fait qu’il représente une véritable bombe climatique, les réserves de brut étant estimées à un milliard de barils, les quelque 400 forages auront des conséquences importantes sur la faune et la flore.
En Ouganda, les activistes et les étudiantEs réuniEs au sein du mouvement #StopEACOP font face à une répression systématique. Les manifestations et rassemblements débouchent sur des arrestations pour des motifs tels que « perturbation de l’ordre public » ou « nuisance sur la voie publique ». Les libérations sous caution sont généralement refusées et les militantEs restent détenuEs parfois pendant des mois dans l’attente de leur procès, notamment dans la prison de Luzira, où les conditions de vie sont déplorables. Des cas de torture ont également été signalés.
La dernière arrestation remonte au 26 mai. Mawanda Arafat a été appréhendé alors qu’il s’apprêtait à remettre une pétition à la Kenya Commercial Bank pour exiger son retrait du projet, à l’image d’une cinquantaine de sociétés d’investissement qui refusent de participer à l’EACOP.
Accentuation de la répression
Au fur et à mesure que le projet avance, la répression s’intensifie. Les expulsions des paysanNEs de leurs terres traversées par l’oléoduc s’accompagnent de violences. Les populations protestent contre les indemnisations dérisoires qui leur sont proposées. Certaines personnes n’ont d’ailleurs toujours rien reçu. Les procédures judiciaires engagées se soldent souvent par des jugements expéditifs au détriment des plaignants.
Les politiques de coercition qui ont accompagné le trucage des élections présidentielles en Ouganda en janvier 2026 et en Tanzanie en octobre 2025, ayant provoqué respectivement 30 et 700 morts ainsi que des milliers d’arrestations, rendent les mobilisations encore plus difficiles.
Les discours creux et ronflants sur le respect des droits humains peinent à masquer une réalité : TotalEnergies profite largement de régimes autoritaires qui étouffent les voix des opposants pour sécuriser ses 10 milliards de dollars d’investissement. C’est ce que souligne l’ONG internationale Business & Human Rights Resource Centre (BHRRC) : « Le projet EACOP a constamment été l’un de ceux associés au plus grand nombre d’attaques contre les défenseurs des droits humains dans les recherches du BHRRC. En 2025, l’EACOP a été lié au plus grand nombre d’attaques répertoriées par le BHRRC, avec 40 incidents visant des défenseurs ayant soulevé des préoccupations concernant l’oléoduc. »
Belle illustration de son slogan interne, « du goût de la performance », revendiqué par TotalEnergies.