En parallèle de sa guerre en Iran, Israël poursuit la colonisation à Gaza et en Cisjordanie et intensifie brutalement son offensive au Liban. Les bombardements et les déplacements massifs de population se multiplient, avec une complaisance des puissances occidentales qui témoigne une fois de plus du peu de valeur accordée aux vies arabes.
La guerre en Iran faisant la une des journaux, l’État israélien continue sa politique de colonisation de toute la Palestine historique. Profitant d’une plus faible exposition, Israël continue de tuer et d’étendre son contrôle sur Gaza. Même si l’aide humanitaire a partiellement repris, Israël maintient des restrictions absurdes sur l’entrée de nombreux produits, invoquant leur possible « double utilisation » (civile et militaire).
En Cisjordanie, la dynamique que nous évoquions la semaine dernière s’est encore accélérée : quatre PalestinienNEs ont été tuéEs à Masafer Yatta, au sud d’Hébron, dans des crimes restés impunis. L’élan donné par l’administration israélienne favorise ces passages à l’acte.
Terrible extension de l’offensive au Liban
Mais le plus effrayant reste l’extension de la guerre au Liban. Israël a lancé une offensive d’ampleur en plein milieu de son attaque contre l’Iran, prétextant des tirs de roquettes du Hezbollah sur son territoire — les premiers de ce type depuis novembre 2024. Pourtant, Israël a violé près de quinze mille fois le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, a maintenu son contrôle sur plusieurs localités du sud et a même commencé à y construire une muraille, dans la plus pure tradition de cet État d’apartheid. Le bilan de ce « cessez-le-feu » sur les quinze derniers mois s’élève déjà à cinq cents LibanaisEs tuéEs, principalement dans le sud.
La situation actuelle prolonge donc la dynamique précédente, mais à une intensité bien plus élevée. Des dizaines de bombardements ont frappé des localités du sud du Liban. À l’heure où nous écrivons, selon le ministre de la Santé libanais, 394 personnes ont été tuéEs, dont 83 enfants, depuis le début de la guerre contre l’Iran. Comme souvent, Israël vise les hôpitaux : plusieurs ont cessé de fonctionner, et des équipes médicales et des ambulances ont été prises pour cibles.
Offensive sur Beyrouth et sa banlieue
Pire encore, en dehors de tout cadre légal et en violation du droit international, Israël a ordonné l’évacuation de quartiers entiers de la banlieue sud de Beyrouth. On estime que cette décision a déjà déplacé près de 700 000 personnes, soit 13 % de la population du Liban. Un tel afflux provoque des difficultés majeures dans tout le pays, notamment en matière de logement et d’approvisionnement alimentaire. Les images de familles entières coincées sur les plages près de Beyrouth en témoignent.
Sûr de son impunité totale, Israël a même organisé un commando d’assassins, déguisés en soldats libanais, pour récupérer — sans rire — les restes d’un soldat tué en 1986. L’opération, qui s’est soldée par un échec, a fait plus de quarante morts et laissé un trou béant dans le cimetière du village visé. S’il fallait un exemple de la déshumanisation à l’œuvre dans la politique de l’État sioniste, celui-ci est éclairant : des ossements vieux de plus de quarante ans pèsent davantage que la vie et la mort d’Arabes d’aujourd’hui.
Que valent les vies arabes ?
La condamnation purement formelle de l’offensive contre le Liban par Macron et Barrot ne fait qu’ajouter l’insulte à la déshumanisation. Tout en taisant les atrocités génocidaires commises par Israël, ils appellent à désarmer… le Hezbollah.
Jamais la vie des Arabes n’aura semblé compter aussi peu que dans cette séquence, dont la gravité est largement sous-estimée en Europe : il s’agit d’une extension du génocide, avec les mêmes méthodes qu’à Gaza — et pour les mêmes objectifs.
Édouard Soulier