En ce début d’année, des centaines d’attaques ciblées ont été menées contre les réseaux et installations clés du pays. Missiles balistiques, missiles de croisière, drones visent les centrales électriques, les sous-stations de distribution, les centrales thermiques et hydrauliques. Dans ce froid extrême, les pénuries de chauffage, d’eau et d’électricité placent la population en situation de survie.
C’est un moment particulièrement critique, les températures moyennes à – 10 °C descendent souvent à – 18 °C ou – 20 °C la nuit. En bombardant les infrastructures énergétiques, y compris les infrastructures proches des centrales nucléaires encore opérationnelles, à Odessa, Kyiv ou Dnipro, Moscou cherche l’effondrement du pays. En réclamant, lors des négociations, les territoires du Donbass qu’il n’occupe pas, ceux où se trouve la ligne de défense ukrainienne, Poutine veut la briser pour ouvrir la route de Kyiv à l’armée russe.
La solidarité commence dans l’immeuble, la rue, le village.
Dans cette guerre d’usure, l’électricité est devenue une arme stratégique, pour ralentir l’économie et écraser la capacité de résistance de l’Ukraine. Les pannes massives d’électricité, dans certaines grandes villes, touchent jusqu’à 60 % des habitations. Les réseaux de chauffage urbains et de distribution d’eau sont souvent affectés simultanément, rendant la vie précaire et dangereuse pour les personnes âgées, les familles et les malades. Les tentatives de réparation des installations endommagées dans la capitale sont compliquées par les réalités de la guerre.
L’usure psychologique, le froid et l’obscurité sont compensés par une solidarité concrète. La société ukrainienne s’entraide, se coordonne, invente et multiplie les actes de résistance collective au quotidien : chauffer une cage d’escalier commune, héberger les personnes âgées, partager générateurs et batteries, bricoler des lampes LED, des panneaux solaires artisanaux.
Résister à l’invasion, se battre pour la justice sociale
Mais sur les réseaux sociaux, dans la presse indépendante ou dans la rue, les critiques sont vives contre les défaillances des autorités. La corruption et les pratiques clientélistes ont freiné l’entretien et la modernisation du système énergétique ukrainien historiquement fragile. La privatisation des biens municipaux a réduit les moyens des services publics.
À Kyiv, l’absence de plan d’urgence crédible de la municipalité, qui appelle les habitantEs à quitter la capitale et alimente la panique, est sévèrement dénoncée.
En écho à ces protestations, nos camarades de Sotsialniy Rukh (Mouvement social) se battent pour que les infrastructures municipales passent sous le contrôle effectif des travailleurEs. Cela permettrait de ne fournir l’électricité qu’aux entreprises essentielles, de soutenir les personnes les plus fragiles en garantissant le fonctionnement des centres communautaires, de répondre aux revendications des syndicats, en particulier ceux des infrastructures critiques.
En luttant contre l’invasion et contre un modèle politique et économique qui affaiblit les mécanismes collectifs de protection sociale et énergétique, iels préparent les conditions d’une reconstruction au service du peuple.
Groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA-A