Publié le Vendredi 16 janvier 2026 à 09h00.

Ukraine : Face à l’offensive russe, de l’aide, pas des promesses !

Alors que l’offensive russe se poursuit et que les bombardements contre les infrastructures civiles s’intensifient, les annonces occidentales de garanties de sécurité pour l’Ukraine restent largement conditionnelles. Face à une guerre d’usure imposée par Moscou, ce sont des moyens concrets de défense et des garanties réelles qu’exige la situation, et non de nouvelles promesses sans portée immédiate.

 

Le 6 janvier, alors que l’offensive russe se poursuit, la « coalition des volontaires » a réuni 35 États, dont les États-Unis et l’Ukraine, pour signer un texte définissant des garanties de sécurité « politiquement et juridiquement contraignantes » si un cessez-le-feu est conclu.

Il s’agit de convaincre l’Ukraine que cette coalition assurera l’inviolabilité de ses frontières face à l’armée russe, par la création d’une Force multinationale dite de réassurance pour renforcer la défense ukrainienne, et par un engagement à déployer des moyens militaires, logistiques et diplomatiques pour prévenir toute nouvelle agression. L’activation de ces mesures reste conditionnée à l’accord de Moscou pour un cessez-le-feu. Les bombardements systématiques de toutes les infrastructures énergétiques, pour priver la population d’électricité et d’eau dans un hiver glacial, sont une réponse claire de Poutine. Pour lui, les plans de déploiement de troupes européennes s’opposeraient à son objectif principal : réduire et vassaliser l’Ukraine.

Soutenir ou profiter de la situation

Les engagements de la coalition se substituent à une adhésion à l’OTAN ou à un traité de sécurité collective juridiquement contraignant. Soumises à la bonne volonté des pays signataires, ces promesses sont en deçà de ce que réclame la situation. C’est aujourd’hui qu’il faut renforcer la défense aérienne de Kyiv, lui donner les moyens de tenir le front pour améliorer son rapport de force politique et militaire face à Moscou…

Les garanties proposées visent à empêcher une victoire russe, sans permettre une rupture stratégique décisive, ni remettre en cause la hiérarchie impériale existante. Au lieu d’un projet de paix juste et durable, impossible à concrétiser vu la situation militaire et diplomatique, on instaure une gestion armée de l’instabilité, sans consolider les moyens de résistance et le pouvoir de négociation de l’Ukraine. C’est un schéma classique : sécurité fournie sous condition, dépendance structurelle renforcée, autonomie politique limitée. L’Ukraine deviendrait un glacis lourdement militarisé, dépendant économiquement et militairement, peu favorable à la moindre perspective progressiste. Déjà les États-Unis et l’UE profitent de la situation pour obtenir le plus d’avantages possible sur le plan économique. Kyiv a ainsi attribué l’exploitation d’un important gisement de lithium à des amis du président Trump, qui recherche toutes les opportunités d’investissement dans ce pays ravagé par la guerre.

La société ukrainienne déçue et inquiète

De nombreux UkrainienNEs veulent « la paix la moins injuste possible », mais doutent des garanties offertes, jugées insuffisantes pour empêcher une nouvelle attaque russe. Dans le contexte trumpien, leur confiance va à ce qui renforce leurs propres forces armées.

Les syndicats et les associations de la société civile redoutent que l’annexion des régions occupées soit entérinée, que soient occultées les conditions de la reconstruction, de la justice transitionnelle, et de la lutte contre la corruption.

Contre la volonté d’intégration de l’Ukraine à l’ordre capitaliste et militaire occidental, nous soutenons activement le droit de l’Ukraine à se défendre contre son agresseur, faisant du renforcement des droits sociaux la base de la reconstruction souveraine et démocratique du pays.

Nous soutenons les revendications des classes populaires ukrainiennes, l’exigence du retrait des troupes russes et des garanties réelles, sous contrôle démocratique, pour une paix juste et durable.

Le groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA