Malgré une guerre toujours plus éprouvante, la société ukrainienne continue de tenir et de lutter.
Sur le front, l’armée ukrainienne a réussi à enfoncer les lignes ennemies à Kharkiv, dans le Donetsk et à Zaporijjia. Autant d’avancées qui s’ajoutent aux 540 km² déjà gagnés cet été. Mais une mobilisation de masse se prépare en Russie, bien qu’elle soit officiellement démentie à la veille des élections à la Douma, du 18 au 20 septembre. Elle pourrait signifier plusieurs centaines de milliers de nouvelles recrues, pour compenser les énormes pertes humaines du front. Plus de 110 000 jeunes Russes sont partis en Géorgie afin d’y échapper.
D’intenses bombardements russes
Les bombardements sur les villes ukrainiennes ont redoublé d’intensité, alors que la défense aérienne souffre d’une pénurie de missiles intercepteurs et réclame légitimement l’envoi de missiles Crotale pour détruire des cibles aériennes à basse et très basse altitude (de 15 m à 6 km). L’impact de ces frappes est terrible. 90 % des entrepôts de stockage de produits alimentaires sont détruits. Selon le ministre de l’Alimentation, le système d’approvisionnement est en cours de restructuration. Mais si le pays n’est pas menacé de famine, à Kherson, après la destruction de la centrale thermique, les habitantEs sont appeléEs à quitter la ville : le chauffage n’est plus garanti cet hiver. Des frappes contre des imprimeries et des entrepôts ont détruit plus d’un million de livres qui vont manquer aux élèves ukrainienNEs en cette veille de rentrée scolaire.
La société civile continue de lutter
L’été reste marqué par des manifestations dans les principales villes en soutien à l’ex-ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, populaire pour ses innovations dans la guerre des drones et sa dénonciation de la corruption. Mais sa logique néolibérale et sa demande d’élections en temps de guerre ont démobilisé une partie de ses soutiens.
La société civile poursuit, dans des conditions de plus en plus difficiles, le combat contre les politiques néolibérales du pouvoir. Le syndicat des travailleurEs de la santé « Soyez comme nous sommes » a tenu un séminaire à Poltava sur les droits des professionnelLEs du secteur qui, sous la loi martiale, sont en première ligne dans les hôpitaux pour assurer la continuité des soins et lutter pour leurs droits. Des infirmières de Lviv décrivent au réseau qui les soutient, le RESU, le quotidien des syndicalistes d’un pays en guerre : « Nous sommes actuellement en route vers Poltava, mais nous subissons des tirs incessants, nous ne pouvons pas arriver à destination normalement, nous avons des évacuations permanentes du train »… « En raison des tirs, le train a eu 8 heures de retard… Mais le séminaire a tout de même eu lieu. Maintenant, nous sommes inquiètes de savoir comment rentrer à Lviv. »
Résister à la guerre et à l’exploitation
Selon Vitaliy Dudin, animateur de l’organisation de gauche Mouvement social (Sotsialnyi Rukh) : « Le nombre record d’alertes aériennes à Kyiv perturbe le rythme du travail et du repos, alors même que l’on pourrait croire que nous nous sommes habituéEs à tout. Cela affecte l’ensemble de cette ville de plusieurs millions d’habitantEs, surtout les travailleurs et les travailleuses qui exercent un métier manuel et doivent rester sur leur lieu de travail, ou dont la vie devient un calvaire en raison des perturbations des transports et du manque d’abris. » Il lutte contre toute sanction envers des salariéEs en retard à cause des perturbations des transports ou du manque de sommeil ; contre les réductions de salaire en raison d’un séjour dans un abri ; ou contre l’obligation de poursuivre un travail s’il n’existe pas d’abri correctement équipé pour exercer l’activité.
EngagéEs dans la résistance à la guerre, les travailleurs et travailleuses d’Ukraine poursuivent la lutte dans les entreprises contre leurs exploiteurs. Ce double combat est le nôtre.
Groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA-A