Publié le Jeudi 7 mai 2026 à 20h00.

Mobilisation de l’inspection du travail contre les baisses d’effectifs

La journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le 28 avril 2026, a été l’occasion pour les agentEs de l’inspection du travail de se mobiliser contre les baisses d’effectifs, notamment à Orléans et Lille.

L’effet de ciseaux est saisissant. Le nombre d’accidents du travail mortels dans le secteur privé a augmenté de 44 % entre 2010 et 2024. Une sinistralité qui n’épargne pas les mineurEs lors des stages obligatoires de lycée et collège (5 morts en 2025 et une nouvelle victime au début du mois d’avril). Sur la même période, les effectifs de l’inspection du travail (contrôle, renseignement, secrétariat) ont chuté de 22 %. Il reste aujourd’hui officiellement 1 990 sections d’inspection du travail, contre 2 210 en 2017, dont 1 893 sont pourvues, pour 21 millions de salariéEs. Les recrutements importants opérés ces dernières années n’ont même pas permis de maintenir à flot les effectifs compte tenu des départs en retraite et des vacances de postes. Le gouvernement n’a aucune limite puisqu’il ralentit désormais les recrutements, réduits à 45 postes en 2025.

Diviser pour mieux régner 

Pour mieux régner, le ministère du travail divise : les suppressions de postes sont décidées de manière désynchronisée, région par région. Dans le Centre-Val-de-Loire, 5 suppressions sont envisagées, ce qui porterait le nombre de sections à 71, contre 89 en 2019 ! Dans le Nord, alors que 15 % des postes sont vacants, une section a été supprimée à Valenciennes. C’est contre ces projets délétères pour la santé des agentEs et mortifères pour les salariéEs que des rassemblements ont eu lieu à Lille et Orléans, avec le soutien des organisations interprofessionnelles combatives (CGT et Solidaires notamment).

Délégitimer les missions de contrôle

Le 28 avril, Jean-Pierre Farandou, ministre du travail, annonçait comme mesure « emblématique » l’apposition d’un « A » sur les casques de protection pour distinguer jeunes travailleurEs et stagiaires, tout en déclarant cyniquement que la majorité des chefs d’entreprise serait d’accord avec lui pour dire que ce ne sont pas les sanctions qui importent. Une façon de délégitimer encore un peu plus les missions de contrôle des inspecteurEs du travail, dans un contexte déjà explosif où on leur demande de ne pas contrôler boulangeries et fleuristes le 1er mai, sur la base d’une loi qui n’a même pas encore été votée ! Une façon aussi de dire que, pour la bourgeoisie, la vie d’unE travailleurE vaut moins qu’une amende.

Or aucun raccourci n’est possible : pour ne plus mourir au travail, il faut des effectifs de contrôle sur le terrain, des moyens coercitifs, de nouveaux droits pour les salariéEs, l’interdiction de la sous-traitance, qui accroît la sinistralité, et l’interdiction des stages en entreprise lors de la scolarité. Loin d’être « accidentelle », la mort au travail est une politique de classe. À nous d’imposer la nôtre en virant ce gouvernement et en enlevant au patronat le droit de disposer de nos vies.

Julien Dumans