Les Assises de la santé des travailleurEs se sont tenues pour la troisième année consécutive à Paris, réunissant les 17 et 18 mars 2026 plusieurs centaines de personnes.
Syndicalistes, médecins et inspecteurEs du travail, universitaires, expertEs… ont échangé et débattu lors de plénières et ateliers organisés par la CGT, la FSU, Solidaires et de nombreuses associations impliquées sur les questions de santé des travailleurEs tant en France qu’à l’international.
Des débats riches et utiles
Les thèmes abordés sont ancrés dans la réalité de nos préoccupations de militantEs du monde du travail au quotidien : accidents, maladies professionnelles, risques chimiques, risques psycho-sociaux, enquêtes… Des ateliers ouvrent aussi des perspectives plus larges sur les liens entre pollution des riverainEs et santé des travailleurEs, les responsabilités des entreprises à l’échelle internationale dans les chaînes d’approvisionnement ou encore le réchauffement climatique. Les interventions permettent de partager des expériences d’actions syndicales concrètes, qui restent sinon trop peu visibles, mais aussi de travailler des questions pour un syndicalisme de transformation sociale qui se préoccupe de la marche de l’ensemble de la société.
Améliorer l’organisation des Assises
L’organisation concrète des Assises repose aujourd’hui sur très peu de camarades, pour une part des hommes à la retraite qui sont convaincus de l’importance de cette initiative et qui lui consacrent des efforts importants. Cet état de fait a eu pour conséquence de rendre difficiles la participation et l’implication des femmes. Après avoir publié un texte explicitant les problèmes et violences rencontrées et s’être réunies, un nombre important de femmes présentes lors de ces Assises a réclamé que soient réellement prises en compte les problématiques spécifiques des femmes afin de leur permettre de prendre toute leur place dans ces rencontres. Une des conditions pour une meilleure prise en charge collective, et donc de pouvoir répondre à ces exigences, est sans doute la formalisation d’un collectif organisateur des Assises et une réelle implication des organisations syndicales.
Un outil pour nos luttes et pour l’unité de notre classe
Cette initiative, qui rassemble trois syndicats et de nombreuses associations, est, comme les intersyndicales femmes qui auront lieu les 2 et 3 avril prochains, une occasion importante de construire les convergences, de faire du lien entre des réseaux militants combatifs et présents sur le terrain, de faire progresser la prise en charge des questions écologiques, internationalistes et d’oppressions spécifiques. Plus d’une dizaine de militantEs du NPA-A ont participé à ces Assises, mais notre implication dans cette échéance importante pourrait utilement être renforcée.
Nos vies valent plus que leurs profits
Mais surtout se pose la question de comment faire émerger ces questions de santé au travail à une échelle large. Alors qu’il y a plus de deux morts par jour au travail et que les maladies professionnelles sont en augmentation, le silence à ce sujet est assourdissant. L’intensification et la dégradation des conditions de travail, le recul de l’âge de la retraite, la précarité… conduisent à une augmentation significative des accidents, des maladies professionnelles et des morts. Les jeunes font partie des catégories les plus touchées avec 2,5 fois plus de victimes d’accidents du travail que l’ensemble des salariéEs. Cinq mineurEs sont mortEs en 2025 : ils et elles étaient stagiaires de Troisième et de Seconde en observation, apprentiEs ou lycéenNEs en Bac pro.
Le 28 avril, des mobilisations auront lieu pour la journée mondiale de la Santé et de la Sécurité au Travail. Il y a urgence à construire une campagne large et unitaire pour dénoncer la course aux profits qui conduit à accroître de manière insupportable l’exploitation des travailleurEs et qui tue tous les jours.
CorrespondantEs