Publié le Jeudi 18 juin 2026 à 13h00.

Fondation œuvre de la Croix Saint-Simon : la mobilisation s’amplifie

Préserver 1 800 emplois, 100 000 usagerEs par an dans les crèches et autres lieux de la petite enfance, les EHPAD, un hôpital mère-enfant, des centres de santé, des instituts de formation pour infirmières et autres professionnelLEs de la santé : c’est la bataille de l’intersyndicale (SECI, CFDT, CGT, CFE-CGC) de la Fondation œuvre de la Croix Saint-Simon.

Cette fondation laïque à but non lucratif, reconnue d’utilité publique depuis 100 ans, a été placée en redressement judiciaire en novembre 2025. Les syndicats demandent que toute la lumière soit faite sur la gestion de la fondation, l’amenant depuis 2023, quand elle était en équilibre financier, à un déficit prévu en 2026 de 25 millions d’euros.

 

Une solidarité qui s’organise

Une mobilisation de solidarité d’autres syndicats, notamment du secteur santé-social, des usagerEs, des collectifs féministes et des partis de gauche est en train de se construire. Une pétition a déjà recueilli presque 50 000 signatures. Des parents se sont mobiliséEs devant des crèches, un rassemblement a eu lieu devant le ministère de la Santé le 6 mai.

Suite à une réunion unitaire dans le 20e arrondissement, où la Fondation est historiquement implantée et gère plusieurs structures, une assemblée générale a eu lieu le 9 juin à la Bourse du travail de Paris. Une quarantaine de participantEs ont discuté de la situation de la FOCSS et des revendications à formuler. Il peut y avoir des différences tactiques mais le but de la lutte est clair : zéro licenciement, zéro fermeture et sauvegarde des soins médicaux conventionnés secteur 1.

Au deuxième rassemblement devant le ministère de la Santé, le jeudi 11 juin, une bonne centaine de personnes ont écouté les témoignages des syndicalistes et salariéEs de la FOCSS, notamment de différentes crèches, de l’école des infirmières, de l’hôpital mère-enfant, ainsi que les messages de soutien d’autres syndicats et des éluEs de l’Assemblée nationale, dont Danielle Simonnet, députée APRES-NFP dans le 20e, et du Conseil de Paris, dont Christophe Prudhomme, médecin et conseiller de Paris. Une maman d’un enfant en crèche FOCSS a pris la parole pour apporter son soutien aux salariéEs de la crèche qui ne voulaient pas faire grève et mettre les parents en difficulté.

 

Une bataille féministe et sociale

Josée Pépin, pour le Collectif CIVG Tenon, a insisté sur le fait que c’est une bataille d’une importance particulière pour les femmes, autant parce qu’elles représentent 80 % des salariéEs que parce que ce sont surtout les femmes qui en sont les usagères et qui seraient obligées de reprendre la responsabilité du care des enfants et des personnes âgées si les structures ferment.

Cette menace sur des structures qui accompagnent la population de la naissance jusqu’à la fin de la vie n’est pas exceptionnelle : c’est tout le secteur qui subit des fermetures.

Les salariéEs se retrouveront en AG le 23 juin pour continuer à discuter de la manière de mener la lutte. Iels appellent à un nouveau rassemblement devant l’Assemblée nationale le 24 juin de 14 h à 16 h, et à une grande assemblée générale de soutien le 30 juin à la Bourse du travail de Paris.