Publié le Samedi 7 mars 2026 à 11h00.

Solidarité avec les intermittentEs

Une renégociation d’une partie de l’accord d’assurance chômage a eu lieu le 25 février. Suite aux mobilisations et aux changements de gouvernement, le projet Attal avait été enterré. Mais quelques mois plus tard, l’État a demandé la réouverture de négo pour trouver… 400 millions d’économies à faire sur le dos des chômeurEs. Le Medef, bon élève, a fait des propositions à 1,2 milliard d’euros !

Il faut faire 400 millions d’économies ? Et si on augmentait les recettes au lieu de diminuer les dépenses ? Faisons cotiser les patrons : une solution simple et efficace que la CGT a proposée… mais qui n’a pas été retenue par lesdits patrons.

Double objectif pour le Medef

L’objectif de la négo était double pour le Medef : pénaliser les chômeurEs après une rupture conventionnelle et attaquer les intermittentEs du spectacle. Aujourd’hui, il faut avoir travaillé 507 heures pour ouvrir des droits quand on est artiste ou technicienNE. Le Medef proposait de passer à 557 h ! Plus de 30 000 personnes auraient perdu leur droit à l’assurance chômage !

Le Medef propose aussi, cyniquement, de réduire le délai de contestation des trop-­perçus : plutôt que de corriger les erreurs, générées à France Travail par l’automatisation du traitement des dossiers, en renforçant les équipes, il suffirait de limiter le droit de recours des chômeurEs. Les dysfonctionnements du service public deviendraient ainsi une source d’économies.

Côté Parlement, même logique : le 27 février, les députéEs ont voté la suspension préventive des allocations chômage pendant trois mois en cas de suspicion de fraude. Une priorité bien ciblée contre les plus pauvres, quand la fraude fiscale est d’une tout autre ampleur.

Double peine pour les ruptures conventionnelles

Depuis 2008, avec l’introduction des ruptures conventionnelles dans le Code du travail, leur usage n’a cessé d’augmenter, tandis que les recours aux prud’hommes pour contester un licenciement ont fortement reculé. Et pour cause : quand unE salariéE accepte de signer une rupture conventionnelle, iel renonce à toute contestation. Les patrons raffolent de ces licenciements déguisés.
Or l’accord signé le 25 février va encore réduire la durée d’indemnisation des allocataires après une rupture conventionnelle. Entre 35 000 et 55 000 allocataires perdront trois ou six mois de droits — soit 700 à 900 millions d’euros d’économies réalisées sur le dos des chômeurEs.

Et toujours la même justification absurde : c’est parce que les gens ne veulent pas travailler qu’il y a du chômage. En réalité, on connaît les vraies motivations du patronat : moins de droits au chômage, c’est plus de corvéabilité pour les salariéEs avec ou sans emploi.

Les attaques contre les chômeurEs sont des attaques contre toustes les travailleurEs !

La mobilisation paie

1 000 intermittentEs du spectacle se sont rassembléEs à 9 h devant le siège de l’Unédic à Paris pour dire « 557 ? Niet niet niet ». À Marseille, les camarades ont occupé le siège du Medef. Dans de nombreuses villes se sont tenues des AG et des rassemblements. La CGT avait appelé à une grève qui a été suivie sur différents tournages — l’équipe de Plus belle la vie ! par exemple était en grève.
Grâce à cette mobilisation, aucune organisation de salariéEs n’a accepté de signer la proposition du Medef du passage aux 557  h. Le projet est donc enterré… jusqu’en 2028, lors des prochaines négociations de l’assurance chômage, où le Medef a promis qu’il reviendrait à la charge.

Cette mobilisation du secteur nous a permis de mesurer notre force de frappe. Les artistes et technicienNEs ne devront pas en rester là : on sait combien d’entre nous peinent déjà à atteindre les fatidiques 507 heures, tant les budgets de la culture sont amputés à tous les niveaux. Alors pour poursuivre sur notre lancée, la CGT Spectacle appelle à se mobiliser à partir du 9 mars et à être toustes en grève le 26 mars !

Marie S.