Publié le Mercredi 17 juin 2026 à 12h19.

La FIFA, une mafia moderne

La FIFA est l’organisation toute-­puissante du football professionnel. Propriétaire des droits de diffusion et d’image, c’est l’association qui ­organise les différentes compétitions.

Elle gère les compétitions, les litiges sportifs et surveille les finances des clubs. Mais surtout, elle brasse des sommes colossales : d’un budget annuel d’environ 500 millions de dollars, elle passe à plusieurs milliards lors des Coupes du monde, avec 8,9 milliards de recettes attendues pour l’édition 2026.

 

Business et softpower

L’explosion des droits télé, du sponsoring et de l’audience a transformé la Coupe du monde en une gigantesque machine à profits. La FIFA, les États hôtes, les clubs et les joueurs en tirent bénéfice, tandis que les classes populaires sont exclues par le prix des billets et des abonnements. L’augmentation du nombre d’équipes, de matchs et de compétitions répond à la même logique : pour la FIFA, le football est avant tout un marché et un produit d’investissement.

La Coupe du monde est également un instrument politique. Son attribution contribue à la légitimation internationale des États hôtes, de la Russie de Poutine en 2018 au Qatar en 2022, puis aux États-Unis, au Mexique et au Canada en 2026, tandis que les gigantesques investissements qu’elle entraîne modifient durablement les villes, les infrastructures et parfois les politiques de logement. Avec de tels enjeux financiers et géopolitiques, les accusations de corruption qui visent régulièrement la FIFA n’ont rien d’étonnant. 

Arrivé à sa tête après les scandales financiers qui ont secoué la FIFA et l’UEFA, Gianni Infantino a poursuivi à sa manière l’imbrication du football et de la politique.

 

Infantino, football et politique

Infantino entretient des relations étroites avec plusieurs dirigeants autoritaires. Proche de Poutine, dont il a reçu la médaille de l’ordre de l’amitié, il soutient également Trump, à qui il a remis le prix FIFA de la paix et qu’il a publiquement soutenu pour le prix Nobel de la paix. Il est aussi lié à Mohammed Ben Salmane, tandis que l’Arabie saoudite investit massivement dans le football mondial afin de s’imposer comme une puissance sportive incontournable.

Mais Infantino défend surtout Israël et plaide également pour le retour de la Russie dans les compétitions internationales. Il a récemment tenté de mettre en scène une réconciliation entre les représentantEs du football israélien et palestinien. Une initiative cynique alors qu’Israël continue de participer sans difficulté aux compétitions européennes tandis que les footballeurEs palestinienNEs peinent à s’entraîner, à se déplacer et souvent simplement à ne pas se faire tuer. Le représentant palestinien a d’ailleurs refusé de prendre part à cette mascarade.

Cela ne l’empêche pas de poursuivre ses mises en scène diplomatiques. La FIFA étudie ainsi l’ouverture d’un tournoi des moins de 15 ans par un match entre Israël et la Palestine, probablement à Miami. Encore faudrait-il que les jeunes joueurs palestiniens puissent obtenir un visa et rejoindre le terrain.