Publié le Mercredi 7 janvier 2026 à 23h32.

Brutes, de Dizz Tate

Éditions de l’Olivier, 2025, 272 pages, 22,50 euros.

Sammy Liu-Lou, 14 ans et fille d’un prédicateur, a disparu. Les recherches débutent sous les yeux d’une bande de copines.
Elles s’appellent Leila, Britney, Jody, Hazel, Isabel et Christian, elles sont au début de l’adolescence et espionnent le monde autour d’elles.

Le roman explore habilement ce que c’est que grandir comme fille et l’entrée dans l’adolescence, la cruauté des jeux, l’ambivalence des relations et des sentiments, les violences sexistes et sexuelles… Et aborde le moment où les amitiés d’enfance et d’adolescence se disloquent.

C’est un roman choral, porté par des voix qui portent à la fois une certaine naïveté et une vision sardonique du monde.
Le fait d’avoir placé cette histoire dans une petite ville du nord de la Floride explique l’ambiance un peu poisseuse du roman. En effet, le nord de la Floride se rapproche du Deep South, du Sud Profond, et est culturellement plus proche de l’Alabama, de la Géorgie ou du Mississippi que des mégalopoles comme Miami.

Ainsi, Brutes ressemble à la rencontre entre William Faulkner et Sofia Coppola. La playlist qu’on imaginerait pour l’accompagner ? Probablement Ethel Cain ou Lana Del Rey.

Rien de mieux, donc pour faire vivre et ressentir cette ambiance fentanyl et soleil écrasant, ennui de la répétition et résignation, maisons abandonnées et quartiers un peu pouilleux, jobs miteux…

Brutes est le premier roman de Dizz Tate et, porté par la fine traduction de Madeleine Nasalik, est d’ores et déjà une réussite !

Sally Brina