Publié le Dimanche 22 février 2026 à 14h00.

Le soleil se lève deux fois, de Soundouss Chraïbi

L’Arbalète – Gallimard, 2026, 256 pages, 21 euros

Mama Abla, la matriarche, va bientôt mourir. Alors Layal, sa petite-fille, plaque tout pour rentrer à Tanger, dans la maison où elle a grandi, pour veiller sur elle avec sa mère et sa tante. C’est l’occasion pour elle de se replonger dans ses souvenirs d’enfance. En revenant sur les lieux, Layal veut comprendre le magnétisme, la force d’attraction qu’émet cette habitation sur elle, qui fait qu’elle n’arrive jamais vraiment à la quitter.

C’est un beau roman structuré autour de cette figure de Mama Abla, cette femme qui sait rassembler autour d’elle, notamment au cours de ces événements sociaux que sont les aâchiya (ou 3chiya).

La maison a une dimension utérine, elle est la forteresse, l’abri du monde extérieur. Et le vacarme de Tanger, ville cosmopolitaine, multiculturelle, chantée et louée par les hommes de la Beat Generation, ne pénètre pas en ces lieux.

Et ce roman reste centré sur les femmes, leurs relations entre elles. Mama Abla et ses deux filles Malak et Faïza, Mama Abla et sa petite-fille, Mama Abla et toutes les femmes qu’elle a regroupées autour d’elle lors des 3chiya. Mais aussi le lien sororal spécial qui existe entre Malak et Faïza, lien sur lequel s’interroge Layal qui a grandi seule.

Les hommes y sont au second plan, que ce soit le grand-père et mari de Mama Abla, les deux gendres ou encore Hicham Mrabet, prospère entrepreneur qui souhaite acheter la maison pour agrandir son centre d’appels.

En somme, Le soleil se lève deux fois est un très beau premier roman, tendre et intense. Une vraie réussite !

Sally Brina