Centre Pompidou – Grand Palais, du 6 mai au 30 août 2026.
Décrite comme une pionnière, pourtant largement méconnue, cette peintre suédoise fait l’objet, pour la première fois en France, d’une grande exposition organisée conjointement par le Centre Pompidou et le Grand Palais, dans le 8e arrondissement.
Liturgie laïque
L’exposition retrace les débuts d’Hilma af Klint auprès de ses amies (le groupe des Cinq). Étudiante à l’Académie royale des beaux-arts de Stockholm, elle s’intéresse à l’ésotérisme et au spiritisme et pratique une sorte de « dessin automatique » bien avant les surréalistes.
La recherche permanente du centre, visible dans de nombreuses œuvres composées autour de deux axes se croisant en leur milieu, fascine autant qu’elle lasse. C’est qu’Hilma af Klint poursuit son œuvre en même temps qu’une quête spirituelle. Proche de Rudolf Steiner, elle développe une œuvre théosophique qui finit par agacer par son propos trop évident : les mots inscrits dans les œuvres donnent à voir une sorte de liturgie laïque.
Une œuvre abstraite organique
Néanmoins, les sources d’inspiration d’Hilma af Klint sont multiples. Les couleurs, qu’on les aime ou non, comme ce rose des débuts assez persistant, possèdent un éclat remarquable. De plus, les œuvres présentées permettent de mieux comprendre cette artiste, morte en 1944 à l’âge de 81 ans, qui a mené une vie finalement assez peu conventionnelle (elle vivait avec une femme) tout en produisant, d’une part, des œuvres figuratives et, d’autre part, des œuvres avant-gardistes restées cachées. Elle avait ainsi demandé dans son testament que ses œuvres abstraites soient dévoilées au grand public vingt ans après sa mort. Estimait-elle qu’elle ne serait pas comprise ?
De son œuvre abstraite se dégage une grande douceur, et les motifs, qui rappellent parfois Sonia Delaunay, ne sont pas seulement géométriques, mais peuvent être qualifiés d’organiques. La série monumentale des « Dix Plus Grands » reprend un thème traditionnel de l’iconographie populaire suédoise : les âges de la vie. Certaines de ces œuvres sont d’une grande puissance.
Cette exposition, qui s’inscrit dans un mouvement de redécouverte des artistes femmes, présente une œuvre surprenante, portée par de multiples sources d’inspiration. Finalement, l’œil a appris !
Fabienne Dolet