Publié le Mercredi 28 octobre 2026 à 08h23.

Violences suprémacistes

Nous y sommes.

Nous avions alerté : la montée du racisme et du RN favoriserait les passages à l’acte et libérerait la violence des milices fascistes. Nous y sommes. Cette violence a tué à Trappes, et les cortèges du 24 octobre ont été attaqués de manière manifestement coordonnée.

« Trappes est un foyer de djihadistes », persiste Sébastien Chenu (RN) après la tuerie. « La semaine où la France a basculé. Elle est passée à l’autodéfense », écrit Christine Kelly (Bolloré Média) le lendemain. Le meurtre d’un homme noir et la tentative de massacre d’Arabes et de musulmanEs supposéEs sont présentés comme de l’autodéfense de la suprématie blanche.

Le complotisme islamophobe et les discours sur l’« islamogauchisme » trouvent leur concrétisation. Présenter les musulmanEs et la gauche de gauche comme les complices d’une entreprise de domination prépare le terrain à celles et ceux qui prétendent les combattre par les armes.

À l’Assemblée, le 27 octobre, Sébastien Lecornu reconnaît que les mots peuvent armer, mais attaque la gauche pour « recel politicien » et l’accuse de « faire le jeu de l’extrême droite ». Le pouvoir refuse de tirer les conséquences politiques de ses propres constats. Et pour cause, il est un acteur majeur du climat raciste du pays.

Le 24 octobre, à Nice, Nancy, Rouen, Montpellier, et dans d’autres villes encore, des groupes fascistes ont attaqué les cortèges, avec la passivité ou le soutien des forces de l’ordre. Laurent Nuñez nie cette complicité policière.

Le même Nuñez excluait toute « désescalade » face aux « émeutiers » en invoquant notamment les vitrines cassées ! Le suspect de Trappes disait lui aussi vouloir « venger les commerçants ». Toujours la même hiérarchie des valeurs. Pour le suprémacisme, une vie noire ou arabe vaut moins qu’un carreau de verre.

La révolte sociale en cours est la meilleure réponse à leurs projets de mort. Il y a urgence à un sursaut antifasciste et antiraciste unitaire et populaire.

Soutenons les victimes, organisons la protection collective des cortèges, construisons un front antifasciste dans nos quartiers et sur les lieux de travail. Personne ne doit être laissé isolé face aux fascistes. L’auto-organisation est devenue un enjeu vital.