Aux États-Unis, Trump a organisé une vaste chasse aux migrantEs, un élément central de sa politique fasciste, en s’appuyant sur l’ICE, la police fédérale de l’immigration. Or tout cela coûte cher : le budget de l’ICE a explosé, pour le plus grand profit d’entreprises privées, dont des entreprises françaises, Thales (applications militaires), Parrot (fabricant de drones) et… Capgemini.
Capgemini est une multinationale des services numériques, leader en France et cotée au CAC 40. Elle a l’ICE comme client depuis 2007. Sous l’ère Trump, les contrats sont devenus beaucoup plus juteux et peuvent rapporter des centaines de millions de dollars. Capgemini fournit des applications informatiques qui servent, par exemple, à gérer la hotline permettant aux citoyenNEs américainEs de dénoncer des migrantEs, à gérer les camps de rétention, à optimiser la logistique de transport utilisée pour l’expulsion des migrantEs, et même, tout récemment, à localiser et à traquer les migrantEs. La rapacité capitaliste n’a pas de limites. Capgemini fournit aussi des services à des marchands d’armes qui collaborent avec l’État israélien dans son génocide à Gaza.
L’humanisme bullshit
L’ICE étant devenue soudain très médiatique après l’assassinat de citoyenNEs blancHEs américainEs, ça fait désordre. En effet, Capgemini s’auto-proclame depuis longtemps entreprise « éthique », respectueuse des droits humains, investie dans « l’inclusion » et « la diversité », etc. Cela démontre une fois de plus que les valeurs humanistes affichées par une entreprise capitaliste, c’est du bullshit.
De plus, ça tombe mal pour Capgemini, qui vient d’annoncer en France un plan de suppression de 2 400 postes (l’entreprise emploie 35 000 salariéEs en France). Le prétexte invoqué, c’est, outre l’argument à la mode de l’IA (intelligence artificielle), les résultats économiques un peu en retrait à l’échelle nationale. Or le groupe Capgemini fait des profits énormes au niveau mondial, lesquels servent à gaver les actionnaires (plus d’un milliard d’euros distribués en 2025 sous forme de dividendes et de rachat d’actions).
Agir contre le fascisme
Des salariéEs de Capgemini ont publiquement exprimé leur malaise et les organisations syndicales ont toutes condamné les liens de l’entreprise avec l’ICE. Le syndicat CGT Capgemini a publié un communiqué et a lancé une pétition publique pour exiger l’arrêt immédiat de la collaboration de l’entreprise avec l’ICE et le gouvernement américain.
L’indignation, légitime, ne suffit pas. Il est urgent que les salariéEs et l’ensemble de la population se mobilisent contre la montée de l’extrême droite et la perspective de l’arrivée au pouvoir du RN en France. Il n’y a aucune illusion à avoir : l’exemple américain le montre, le patronat est prêt à soutenir et à collaborer avec un pouvoir fasciste : « business as usual ».
Lemmy K
NDLR : Suite à la mobilisation de la CGT de l’entreprise, Capgemini a annoncé la mise en vente de sa filiale liée à l'ICE. C’est une première avancée, mais nombre de questions ne sont pas résolues. La CGT-Capgemini appelle à poursuivre la signature de la pétition.
Pour signer la pétition