Publié le Jeudi 25 juin 2026 à 13h00.

Mise en cause du télétravail à Airbus, ça ne passe pas comme une lettre à la Poste

Après la prime de participation divisée par deux (L’Anticapitaliste n° 804) et la mobilisation des ouvrièrEs, la direction attaque les ICT (Ingénieurs, Cadres et TechnicienEs).

Le 9 mai, toustes les salariéEs du Groupe en Europe ont reçu une lettre de Guillaume Faury (PDG d’Airbus) mettant en cause la faible productivité de l’entreprise. Selon lui, celle-ci serait due à la fâcheuse habitude des ICT de s’occuper de projets inutiles à Airbus (comme si c’était elleux qui en décidaient), à l’absentéisme et, cerise sur le gâteau, au télétravail, qui rendrait les ICT moins performantEs. Le tout sur un ton infantilisant et culpabilisant, particulièrement concernant les arrêts maladie.

Une nouvelle attaque

La difficulté à sortir les avions tient surtout à la désorganisation de la chaîne d’approvisionnement, qui ne s’est toujours pas remise des plans sociaux des premières années du Covid, décidés par les mêmes directions qui s’en plaignent aujourd’hui. Pourtant, la direction tente de faire porter la responsabilité aux salariéEs ICT.

En France, le télétravail chez Airbus est régi par un accord d’entreprise signé en 2024, qui prévoit un minimum de trois jours de présence par semaine, sous réserve de l’accord du responsable hiérarchique. Guillaume Faury demande désormais à l’encadrement de considérer que ce minimum doit passer à quatre jours à partir de septembre, sans même renégocier l’accord.

Réactions syndicales

En Allemagne, le syndicat IG Metall, qui a négocié un accord plus protecteur pour les salariéEs, a réagi en adressant un courrier à toustes ses adhérentEs. Le syndicat y rappelle que la direction ne peut pas leur imposer une réduction de leur temps de télétravail et les invite à le contacter s’iels subissent des pressions.

En France, malgré la colère et la démotivation suscitées par cette lettre, les syndicats majoritaires FO et CGC se sont immédiatement placés dans l’accompagnement de la mesure, tandis que la CFDT et la CFTC hésitent encore. La CGT a été la seule à répondre à la forte demande des salariéEs ICT en appelant à la grève et à un rassemblement devant le bâtiment des Ressources Humaines (RH) le jeudi 18 juin au matin.

Riposte

Malgré les pressions directes et indirectes — notamment un tract signé par la CGC et FO, qui désinformait pour « rassurer » et faire le service après-vente de Faury — environ 120 ICT ont participé à la grève et au rassemblement. Sur place, les grévistes se sont réuniEs en AG. Plusieurs salariéEs y ont pris la parole pour témoigner et avancer des propositions. L’AG a décidé de reconduire la grève le jeudi 25 juin, avec cette fois un rassemblement devant le bâtiment de la direction générale, ainsi qu’un appel à une intersyndicale.

Une mobilisation des ICT à Airbus Avions, même limitée et minoritaire, constitue un fait exceptionnel. Elle ouvre la possibilité de développer la conscience de classe de ces personnels et d’ouvrir des brèches pour l’avenir.

CorrespondantEs