Publié le Lundi 19 janvier 2026 à 14h49.

Chronologie de la lutte

Tour rapide des moments clés de novembre-décembre 1995.

22 septembre. Les sept fédérations de fonctionnaires décident pour la première fois depuis 1977 d’une grève générale de 24 heures pour le 10 octobre.

6 octobre. La fac de sciences de Rouen part en grève pour des moyens supplémentaires.

10 octobre. Journée d’action nationale contre le gel des salaires dans la fonction publique. 22 000 personnes manifestent à Paris, 360 000 en province.

25 octobre. Les occupant·es du rectorat de Rouen sont expulsé·es par les flics. 1 000 manifestant·es dans les rues.

2 novembre. Le ministère cède des crédits à la fac de Rouen, où le travail reprend.

9 novembre. Malgré cela le mouvement s’étend. 30 000 à 40 000 manifestant·es dans le pays.

10 novembre. Négociations syndicats-gouvernement sur la retraite des fonctionnaires. CFDT, CGC et CFTC acceptent l’allongement de la durée de cotisations à 40 ans.

14 novembre. Première « journée d’action nationale pour la défense de la Sécu » à l’appel de tous les syndicats.

15 novembre. L’Assemblée nationale vote la confiance à Juppé pour son plan de réforme de la Sécurité sociale. Parmi les dispositions prévues par le plan. alignement des conditions d’accès à la retraite des régimes du secteur public sur celui du secteur privé (passage de 37,5 ans à 40 ans de cotisation) ; mise en place d’une contribution au remboursement de la dette élargie à tous les revenus (RDS) ; des mesures sur la gestion de l’assurance maladie et le contrôle des prescriptions.

Nicole Notat annonce le soutien de la CFDT au plan. Dans les jours suivants, plusieurs fédérations de la CFDT s’y opposent et appellent à la grève le 24 novembre.

16 novembre. Alain Juppé déclare « Si deux millions de personnes descendent dans la rue, mon gouvernement n’y survivra pas ».

17 novembre. Devant la poursuite du mouvement étudiant, Bayrou annonce l’affectation de 200 postes supplémentaires pour les universités et un effort financier immédiat de 150 millions de francs.

21 novembre. Plus de 100 000 manifestant·es étudiant.s et lycéenn·es.

23 novembre. Début de la grève totale et reconductible à la SNCF.

24 novembre. 500 000 personnes dans toute la France lors de journée nationale d’action contre le plan Juppé avec participation des étudiant·es mais aussi de quelques délégations du privé.

25 novembre. La manifestation nationale pour les droits des femmes rassemble 40 000 personnes à Paris.

28 novembre. Le mouvement s’amplifie à la RATP et à la SNCF. La Poste est à son tour grève. Plus aucun train ni métro ne circule.

30 novembre. Nouvelle journée d’action nationale. À EDF-GDF contre le plan Juppé et la déréglementation du marché de l’électricité. Le slogan « Tous ensemble ! » devient l’emblème du mouvement. Les fédérations de fonctionnaires CGC, CFTC, CFDT et Unsa se retirent du mouvement.

2 décembre. Des « comités d’usagers » antigrève, mis sur pied par le RPR, rassemblent 3 000 personnes à Paris

2-3 décembre. Négociations entre le ministère de l’Éducation et les étudiant·es. Mise en place difficile dans la nuit du 1er au 2 décembre d’une coordination nationale des étudiants qui s’accorde sur la demande d’une loi de programmation de 50 milliards de francs sur cinq ans, la création de 25 000 postes d’enseignant·es-chercheur·es ainsi que 20 000 emplois de non-enseignant·es.

3-8 décembre. Le 45e congrès de la CGT à Montreuil n’appelle pas à la grève générale.

4 décembre. Les 150 000 agent·es de France Télécom entrent véritablement en grève notamment dans les centres de construction de ligne et les centres d’exploitation.

5 décembre. 800 000 manifestant·es. L’Éducation nationale et les hôpitaux sont dans la grève ainsi que des travailleuses et travailleurs municipaux et des agent·es des ministères. Prenant le contre-pied d’un certain nombre d’intellectuels médiatiques (BHL, Julliard, Morin…) qui soutiennent Juppé, plusieurs dizaines d’intellectuels, dont Pierre Bourdieu, lancent une pétition de soutien aux grévistes.

Le secteur privé ne suit que faiblement le public, que ce soit chez Renault, malgré les appels de la CGT (30 % de grévistes au Mans, 2,8 % à Flins, 13 % à Cléon), ou dans le secteur bancaire.

6 décembre. Les traminots marseillais se mettent en grève contre l’inégalité des statuts et des salaires à la RTM qu’ils obtiendront début janvier. Pendant plusieurs jours des permanences RPR sont saccagées ou murées.

7 décembre. 1,3 million de manifestant·es dans toute la France. Les grèves gagnent le transport aérien et les Houillères de Lorraine. À Freyming-Merlebach, les mineurs de charbon, emmenés par la CGT et la CFTC ( !), s’affrontent à la police. Le mouvement étudiant s’effiloche.

8 décembre. Nouveaux affrontements dans les houillères. 4 000 mineurs, équipés de casques, de masques et de manches de pioche, s’affrontent avec les CRS. Les mineurs de Gardanne séquestrent des cadres. Affrontements également à Orly entre flics et grévistes.

10 décembre. Juppé concède un « sommet social » et pour diviser les cheminot·es prétend que le gouvernement n’a jamais voulu « remettre en cause l’âge de départ à la retraite des conducteurs ». Les manifestant·es crient « on n’est pas fatigués, Juppé tu vas craquer ».

12 décembre. On dépasse les deux millions de manifestants. Le sociologue Pierre Bourdieu vient débattre avec les grévistes gare de Lyon.

14 décembre. Une dernière coordination étudiante se réunit à Tours. Il ne reste plus que quelques facultés encore en grève.

15 décembre. Le PDG de la SNCF donne sa démission et le contrat de plan est « gelé ».

16 décembre. On dépasse encore les deux millions de manifestants mais le travail va reprendre progressivement. Le DAL, Droit Devant ! ! et d’autres associations manifestent derrière les cheminot·es

19 décembre. La journée d’action à l’appel de la FSU et de la CGT marque un recul de la mobilisation.

21 décembre. Le « sommet social » ne fait que confirmer les reculs effectués par le gouvernement durant les grèves, et n’enregistre pas d’autre gain.