« On veut rester ici », explique Rejn, étudiante de 18 ans, à Reporterre. En Albanie, la jeunesse se révolte contre le chômage, la corruption et l’absence de perspectives. Depuis le 13 octobre, étudiantEs et lycéenNEs manifestent à Tirana et dans plusieurs autres villes. Leur exigence : le départ du Premier ministre Edi Rama, au pouvoir depuis 2013.
Cette révolte prolonge la « révolution des flamants roses », née fin mai contre un projet de complexe touristique lié à la famille Trump dans une zone protégée du littoral. Après des mois de rassemblements pacifiques, la colère s’est élargie et durcie. Le 17 octobre, devant le ministère de l’Éducation, une valise brûlée symbolise le refus d’un avenir réduit à l’émigration.
Le pouvoir répond par les canons à eau, les gaz lacrymogènes et les arrestations. Le médiateur albanais a signalé des traces de violences chez des personnes détenues et dénoncé leurs conditions de détention. Rama, lui, prétend que des groupes extrémistes ont confisqué la mobilisation et refuse de démissionner.
Mais la répression suscite la solidarité : des parents et des centaines d’enseignantEs ont rejoint les cortèges, tandis qu’un syndicat enseignant a appelé à la grève. Au-delà des conditions d’études, cette mobilisation met en cause un système qui sacrifie l’avenir de la jeunesse aux intérêts des puissants. Son élargissement ouvre la possibilité d’un rapport de force face au pouvoir.