La République islamique d’Iran réprime dans le sang le soulèvement populaire. Les menaces d’intervention militaire impérialiste se font de plus en plus pressantes. Il est urgent de construire une solidarité internationaliste avec les luttes populaires en Iran.
La coupure d’internet depuis le 8 janvier n’y fait rien. La République islamique d’Iran (RII) ne parvient pas à dissimuler l’ampleur du massacre qu’elle a perpétré, documenté par les informations et vidéos qui circulent.
Une répression d’une brutalité extrême
Le régime a noyé dans le sang le soulèvement populaire massif déclenché le 28 décembre dernier. Selon les dernières estimations faites à partir d’éléments réunis par des organisations de défense des droits humains, plus de 30 000 manifestantEs auraient été assassinéEs les 8 et 9 janvier derniers. Ce bilan n’est pas définitif.
La RII a mené une répression d’une brutalité extrême et utilisé des armes de guerre contre une population sans arme. Des armes chimiques ont été employées dans les provinces où vivent des minorités nationales. C’est un véritable crime de masse que la mollaharchie a commis.
La terreur s’exerce aussi après la mort. Des vidéos déchirantes montrent des parents à la recherche des corps de leurs enfants dans des morgues improvisées. Les corps sont rendus aux familles sous conditions : rançons, menaces, aveux forcés, interdiction de toute cérémonie publique. Des dizaines de milliers de personnes ont été blessées, plus de 41 000 arrêtées. Dans les prisons, des manifestantEs meurent sous la torture, dans les hôpitaux certains blessés sont achevés par les forces du régime. L’objectif est clair : écraser toute contestation sociale et politique par la peur.
Malgré cette violence inouïe, des manifestations ont eu lieu au Baloutchistan vendredi dernier. En début de semaine et malgré les menaces, des étudiantEs de l’université de médecine de Téhéran se sont rassembléEs en nombre pour demander justice pour leurs camarades et ont scandé des slogans contre le régime. Dans de nombreuses universités, les étudiantEs ont boycotté les examens et dénoncé les crimes du pouvoir. Des prises de position de médecins, d’avocatEs se multiplient pour dénoncer la répression.
La menace d’une intervention militaire impérialiste
À la violence d’État s’ajoute la menace d’une intervention militaire impérialiste. Le déploiement militaire imposant des États-Unis dans la région, les préparatifs en Israël, dans les pétromonarchies du Golfe ou en Turquie, laissent craindre une nouvelle guerre. Une intervention militaire ne ferait qu’ajouter à l’immense souffrance des peuples d’Iran la douleur de nouvelles pertes humaines, de nouvelles destructions. Une telle intervention ne ferait qu’aggraver la répression. Ce n’est ni par les bombes ni par les assassinats ciblés que la RII tombera.
Tout en agitant la menace d’une intervention militaire, Trump souhaite négocier avec Téhéran. Les deux options peuvent d’ailleurs se conjuguer. Trump vient de déclarer à l’agence de presse Axios que « l’Iran veut un deal », confirmant les contacts avec le régime. Il veut profiter de l’affaiblissement de la RII pour lui imposer un maximum de concessions : arrêt du programme nucléaire, transfert à l’étranger de l’uranium enrichi, réduction drastique de ses missiles à longue portée, arrêt du soutien aux différents proxys au Moyen-Orient, arrêt des ventes de pétrole à la Chine. La mollaharchie a déjà montré à maintes reprises sa capacité à trouver des accords avec les puissances impérialistes. L’unique critère étant de préserver le régime, ce qui implique de pouvoir écraser les contestations populaires librement.
Soutenir les luttes populaires
La seule perspective émancipatrice en Iran passe par une victoire des luttes populaires. Ce sont les réseaux militants progressistes, les travailleurEs, les femmes, la jeunesse, les minorités opprimées qui portent le combat pour la liberté, l’égalité et la justice sociale. C’est à ces forces que nous devons donner une visibilité politique, matérielle et internationale. C’est aux réseaux militants progressistes de l’intérieur que nous devons apporter l’aide nécessaire pour qu’ils puissent se structurer, s’organiser davantage et s’unir. Notre responsabilité est de relayer leurs voix et de refuser toute confiscation de leur combat, qu’elle vienne des puissances impérialistes ou des forces réactionnaires en exil.
Il est urgent de construire une solidarité internationaliste, indépendante, et résolument du côté des peuples d’Iran et du Moyen-Orient.
Babak Kia