Alors que les élections israéliennes provoquent une nouvelle surenchère raciste et génocidaire, le nettoyage ethnique se poursuit à Gaza, au Liban et surtout en Cisjordanie. Expulsions, colonies et projet E1 accélèrent une annexion organisée avec la complicité des puissances occidentales.
Comme prévu, les élections servent de prétexte à une déferlante de propos racistes et génocidaires. La quasi-totalité de la société israélienne s’accorde sur l’essentiel : acceptation du génocide et refus de tout État palestinien. Ben-Gvir surenchérit avec une vidéo mettant en scène les camps de concentration où les prisonniers palestiniens sont affamés, tandis que Smotrich promet l’annexion de la Cisjordanie. Ils appartiennent certes à l’extrême droite israélienne, mais Netanyahou comme ses « opposants » font campagne sur le dos des PalestinienNEs, ou plutôt de leurs cadavres.
Liban, Gaza, Cisjordanie… l’horreur continue
Au Liban, Israël a repris ses attaques militaires, prenant prétexte de l’envoi de deux drones FPV par le Hezbollah pour bombarder massivement le sud de Nabatiyé, déjà lourdement touché. Plusieurs frappes israéliennes ont fait des mortEs à Gaza, notamment des enfants, en pleine rentrée des classes.
C’est en Cisjordanie que la situation se tend le plus. Le 2 septembre, à Masafer Yatta, l’armée israélienne a détruit sans avertissement les habitations de 12 familles palestiniennes, jetant à la rue 70 personnes, dont 28 enfants. Il s’agit de la 66e communauté palestinienne entièrement déplacée depuis octobre 2023, tandis que des déplacements partiels en ont laissé des milliers d’autres personnes sans abri. À cela s’ajoutent les 32 000 réfugiéEs expulséEs en janvier 2025 des camps de Jénine, Tulkarem et Nour.
Les quatre premiers mois de 2026 ont connu autant de déplacements forcés en Cisjordanie que toute l’année 2025. Les violences ont par ailleurs fait près d’un millier de blesséEs et 23 mortEs. Sous le gouvernement de Netanyahou, les colons israéliens ont établi 248 nouvelles implantations en Cisjordanie, dont 65 depuis le début de l’année. Le projet colonial est organisé par toutes les instances de l’administration israélienne : tout en feignant de critiquer la violence des colons, l’État planifie leur implantation, leur équipement et leur protection.
Les colons en avant-garde de l’État israélien
L’État israélien s’appuie sur ces groupes semi-civils et semi-militaires pour poursuivre ses projets tout en masquant son implication, si tant est que cela soit encore un objectif en 2026. Le projet colonial est en effet de moins en moins dissimulé. Des personnalités israéliennes le décrivent désormais comme tel, à l’image d’E. Sneh, ancien ministre, qui assume le « nettoyage ethnique » dans le New York Times.
Mais les colons ouvrent toujours la voie à l’État israélien : à la mi-août, le ministère du Logement a lancé un appel d’offres portant sur 1 234 logements coloniaux dans la zone dite E1. Considérée comme « vide », celle-ci s’étend de l’est de Jérusalem à la frontière jordanienne dans la zone C. Près de 5 000 PalestinienNEs y vivent pourtant et sont menacéEs d’expulsion. L’appel d’offres expire la veille des élections : une manœuvre grossière pour imposer le fait accompli. La construction d’E1 couperait la Cisjordanie entre le nord et le sud et fragmenterait davantage les confettis territoriaux d’un hypothétique État palestinien.
La France doit bloquer le financement de l’annexion
Les condamnations internationales se multiplient sans être suivies d’effet. En août, sept pays occidentaux — le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Canada et la Norvège — ont jugé ces appels d’offres « inacceptables », estimant qu’ils compromettraient la solution à deux États en rompant la continuité territoriale palestinienne. Comme d’habitude, ils se contentent de décrire ce qu’ils laissent advenir.
Interpellé à l’université sur la complicité française, Jean-Noël Barrot a affirmé, sans ironie, que la France était le pays ayant le plus fait pour les PalestinienNEs. La construction d’E1 est un projet colonial d’épuration ethnique dans un contexte génocidaire. Plusieurs banques européennes, notamment françaises, sont sollicitées pour financer ces implantations, au risque de se rendre complices d’un crime contre l’humanité. L’État qui prétend faire le plus pour la Palestine pourrait commencer par le leur interdire.