La Cisjordanie subit une intensification inédite de la violence coloniale, entre multiplication des attaques de colons, extension rapide des colonies et déplacements massifs de population palestinienne.
La violence des colons israéliens a atteint un niveau sans précédent. Elle s’était déjà fortement intensifiée depuis fin 2022, sous le dernier gouvernement Netanyahu, bien avant le 7 octobre. Depuis, les projets de colonisation comme les violences se sont encore accrus, plaçant de nombreuses zones de Cisjordanie dans une situation d’extrême violence. Le nombre d’agressions de colons a fortement augmenté : de 852 en 2022 à 1 291 en 2023, 1 449 en 2 024 et 1 828 en 2025, soit environ 5 par jour. Environ 465 000 colons israéliens vivent ainsi en Cisjordanie occupée, dans 300 colonies et avant-postes.
Depuis quelques mois, une série de mesures traduisent une annexion de facto de territoires. La loi sur le cadastre et l’administration civile des colons crée un état « officiel » d’apartheid. L’extension des colonies est également marquante : 68 ont été établies depuis 2022, contre 141 au cours des 55 années précédentes d’occupation israélienne. Ces colonies sont entourées de murs et de routes qui contournent les villages palestiniens, de plus en plus morcelés et concentrés dans la zone C, sous contrôle israélien, composée essentiellement de terres agricoles et principal espace d’implantation coloniale. Les villes, situées en zones A et B, concentrent l’essentiel de la population palestinienne. Pourtant, l’année 2025 est aussi marquée par un niveau record de déplacements sur les 20 dernières années, avec plus de 30 000 personnes déplacées — principalement dans les camps de réfugiéEs de Jénine et de Tulkarem, dans lesquels les habitantEs ne peuvent pas revenir.
Édouard Soulier