Le premier tour des municipales est marqué par une forte abstention, par la progression de l’extrême droite, la recomposition autour de l’union des droites. Face à ce danger, l’enjeu du second tour est clair : empêcher l’extrême droite de gagner, refuser d’abandonner les villes à la droite, consolider la gauche de combat et construire un front antifasciste durable.
Le premier tour de ces élections municipales s’est déroulé dans un contexte d’offensive contre la gauche, les antifascistes et LFI après la mort du jeune militant fasciste Quentin Deranque à Lyon. Cette séquence a servi de prétexte à une nouvelle campagne de délégitimation, participant à banaliser les discours réactionnaires et à installer un climat de fascisation.
Vers l’union des droites ?
Alors que le macronisme se prend une nouvelle gifle, les résultats montrent l’implantation et la progression de l’extrême droite. Dans plusieurs dizaines de villes, les listes du Rassemblement national arrivent en tête. Les sortants RN sont partout largement réélus, à l’image de Perpignan, Hénin-Beaumont, Hayange ou Fréjus. À Marseille, le RN arrive en deuxième position avec 35 % des voix et peut gagner la ville. À Paris, la fasciste Knafo dépasse les 10 %.
L’extrême droite se sert de ces élections comme d’un tremplin pour accélérer sa stratégie d’union des droites. Bardella appelle à la fusion avec les « listes de droites sincères » et va jusqu’à proposer des désistements. Certains ont bien compris le message. Rachida Dati, à Paris, a ainsi lancé un appel au rassemblement avec LR mais aussi avec Reconquête, dont la candidate s’est retirée pour favoriser sa victoire. Les digues sautent les unes après les autres.
De bons résultats pour la gauche de rupture
Mais cette progression n’est pas une fatalité. Le score des listes d’une gauche de rupture avec les politiques libérales constitue un point d’appui réel dans de nombreuses villes. La France insoumise réalise de bons scores malgré un acharnement médiatique sans précédent. Elle l’emporte même dès le premier tour à Saint-Denis.
Dans de nombreuses villes, des dynamiques unitaires ont permis d’ancrer des perspectives alternatives : à Toulouse, à Nantes, à Tours ou encore à Lyon. Le NPA-A a fait le choix de l’unité avec LFI ou d’autres forces de gauche, autour de programmes sociaux, écologiques et démocratiques. Ces résultats montrent qu’une autre gauche existe et peut convaincre (lire page 8 des éléments sur nos campagnes locales de second tour).
Une responsabilité politique majeure
Là où la droite et l’extrême droite peuvent gagner ou conserver des municipalités, comme à Paris, Marseille, Toulon, Saint-Étienne ou Angers, il était de la responsabilité des listes de gauche arrivées en tête de réussir les conditions de l’union. Face à l’extrême droite, le NPA-A a appelé depuis le début au rassemblement de la gauche, comme avec le NFP en 2024.
En refusant un accord national au soir du premier tour, et en refusant toute une série d’accords locaux pourtant indispensables, la responsabilité du PS est énorme dans le risque de victoires de la droite et de l’extrême droite. Dans une situation marquée par la montée des idées réactionnaires, refuser l’unité revient à laisser le champ libre à leurs avancées.
Se mobiliser pour le second tour
La gauche politique, syndicale et associative doit organiser des mobilisations et initiatives de rue entre les deux tours et mobiliser les quartiers populaires, la jeunesse et les travailleurEs. Pas une voix ne doit manquer contre l’extrême droite !
Mais le combat ne s’arrête pas au soir du 22 mars. Dès le lendemain, il faudra continuer à construire un front de riposte antifasciste. Cela suppose de reconstruire des solidarités concrètes dans les quartiers populaires, sur les lieux d’étude et de travail, de renforcer les mobilisations sociales et de mener la bataille contre les idées racistes et réactionnaires.
Au niveau national, des échanges ont lieu, des initiatives se construisent, pour avancer vers la construction de ce large front antifasciste inscrit dans la durée.
Face à la fascisation, la réponse doit être à la hauteur : unitaire, combative et ancrée dans les luttes.
La rédaction