Le NPA-l’Anticapitaliste était engagé dans 41 listes lors de ces élections municipales. La rédaction propose une synthèse à partir des remontées de nos correspondantEs dans une partie des communes où nous étions impliquéEs.
Des éluEs anticapitalistes
Plusieurs militantEs du NPA-l’Anticapitaliste ont été éluEs à l’occasion de ces élections municipales, dans des contextes divers. On peut citer notamment : Aline Zezima à Tournissan (11), Baptiste Peyronnet à Cusset (03), Christian Veldeman à Roubaix (59), Dalila Belaid Artis à Millau (12), Eric Defranould à Gérardmer (88), Florence Lagarrigue à Moissac (82), François Mailloux à Montreuil (93), Jean-Paul Debest à Quimper (29), Johnny Lafresnaye à Alençon (61), Madeleine Parpet à Toulouse (31), Thomas Miele à Ivry (94).
Alençon
La liste Gauche Unie (Écologistes, NPA-A, PCF, Pôle Citoyen et des militantEs de la FI), dont nous avions la tête, a obtenu 15,2 % au 1er tour après une campagne riche en réunions publiques, porte-à-porte et tractages autour d’un programme de rupture. La campagne a été marquée par le FI-bashing politico-médiatique et la méfiance envers le NPA-A, pourtant très implanté localement. À l’issue du premier tour, nous avons choisi de ne pas fusionner avec la liste PS sortante, dont la composition incluait des macronistes et des personnalités de droite, et parce que le total des deux listes (32 %) ne permettait pas de battre la droite (31 % avec 17 % de réserves). Ce choix a été critiqué par une partie de l’électorat, mais soutenu dans les quartiers populaires et par notre camp social. Au second tour, nous perdons 2 points au profit du PS. Nous obtenons 2 sièges au Conseil municipal et sortons de cette séquence avec un collectif de résistance aux politiques de droite et d’extrême droite, point d’appui pour les luttes locales et les échéances à venir.
Ivry
À l’issue de la quadrangulaire opposant le Front Populaire Ivryen, auquel participe le NPA-A, à la droite, au RN et à un collectif citoyen proche du PS, notre liste a obtenu plus de 53 % des voix. L’extrême droite, malgré une mobilisation limitée, entre pour la première fois au conseil municipal. La campagne a rencontré de nombreux soutiens mais aussi une forte colère et désillusion, se traduisant par une abstention élevée (54 %). Le NPA-A obtient un élu, qui ne sera ni adjoint ni solidaire de la gestion, notamment sur les questions budgétaires. Il défendra la nécessité de préserver des politiques sociales ambitieuses et refusera les compromis qui font des agents municipaux et des habitantEs les plus précaires des variables d’ajustement. Nous savons que nous ne serons pas seulEs à porter ces exigences dans la majorité municipale, indispensables pour remobiliser notre camp et faire reculer l’extrême droite.
Kemper
La Gauche Insoumise et Anticapitaliste fait son entrée à Kemper. Au terme d'une campagne éprouvante mais enthousiasmante, la liste Union pour Kemper, Solidaire et Populaire obtient 2 éluEs, Marie de la FI et Jean-Paul du NPA-A, loin derrière la maire PS qui frôle les 50 %. Au-delà de ces éluEs, la liste s’est affirmée par sa diversité, sa détermination et son engagement pour la justice sociale, la gratuité des transports, la santé, les services publics, la ceinture alimentaire et contre la surenchère sécuritaire. Notre présence indépendante au Conseil municipal constitue un fait politique (malgré l’entrée de 2 élus RN) inattendu pour les tenants de l’« alternance gauche/droite ». Elle nous donne des responsabilités pour poursuivre ces axes et renforcer le lien avec les quartiers et les luttes, comme lors de la mobilisation du 21 mars contre le racisme, le fascisme, les violences d’État et pour l’égalité des droits.
Montreuil
Avec 57,7 % des voix au premier tour, c’est le meilleur score national pour une liste d’union de la gauche et des écologistes dans une ville de plus de 100 000 habitantEs. La liste rassemblait le PCF, Les écologistes, le PS, l’APRÈS, Génération·S, le NPA-A, le parti animaliste et des citoyenEs engagéEs. Elle obtient 45 éluEs, dont le maire sortant Patrice Bessac et un camarade du NPA-A. Les autres listes recueillent 22,5 % et 6 éluEs pour LFI, 8,9 % et 2 éluEs pour LR, 7,2 % et 2 éluEs pour une liste centriste et moins de 1,6 % pour LO, le PT et une autre liste citoyenne. Ce résultat s’appuie sur l’union et sur une politique menée depuis 2014, avec des avancées comme la régie publique de l’eau, une mutuelle et une cantine municipales, ainsi que des acquis importants (40 % de logements sociaux, foyers de travailleurs immigrés, centres de santé). La campagne a été très dynamique, avec près de 5 000 contacts et de nombreuses initiatives. La campagne agressive de LFI a été sanctionnée, alors que Mélenchon y avait obtenu 55 % et LFI 34,5 % aux européennes. Avec un élu NPA-A disposant d’une délégation, il s’agit désormais de mettre en œuvre un programme social et écologique ambitieux et de redonner espoir à notre camp social.
Pau
Le NPA-A a participé à Pau à un collectif rassemblant plusieurs partis (PS, PCF, écologistes, l’Après, …) et des personnes non encartées, avec l’objectif de battre Bayrou et de freiner le RN. Si le premier objectif a été atteint à la faveur d’une triangulaire, la progression du RN se confirme. La campagne a été dynamique, avec un fort engagement militant et un programme ancré à gauche. Pour le 2e tour, la tête de liste PS et une majorité des candidatEs ont refusé de fusionner avec LFI, qui n’avait pas participé à la liste unitaire au premier tour et proposait une fusion technique. Une partie de la liste, dont le NPA-A et l’APRÈS, y était favorable, mais la majorité a estimé avoir plus à perdre qu’à gagner. Le NPA-A s’est donc retiré, comme annoncé depuis le départ, et a appelé à battre le RN et Bayrou. Cette campagne marque une phase de reconstruction locale : elle a permis de faire connaître le NPA-A, et notre retrait entre les deux tours a été globalement compris et soutenu dans le milieu militant.
Saint-Ouen
Un nouveau comité NPA et un collectif militant plein d’espoir pour les luttes à venir. Avec 28,2 % des voix et une présence au second tour, la liste Pour Saint-Ouen, à laquelle participaient trois membres du NPA l’Anticapitaliste, peut être fière de son bilan. Menée par Manon Montmirel, elle rassemblait des militantEs de LFI, Génération.s, des Verts populaires et des citoyenEs non encartéEs. Karim Bouamrane (PS) est réélu avec 56 %. La campagne s’est structurée autour de la défense des services publics et du logement, dans un contexte de gentrification et de dysfonctionnements de la Semiso. Les militantEs ont notamment participé aux mobilisations du DAL. Six éluEs entrent au conseil municipal (4 LFI, 1 Génération.s, 1 écologiste), le NPA restant sans élu. Cette campagne a permis de relancer un comité NPA local et d’amorcer un travail militant durable, avec notamment un premier combat unitaire pour la pérennisation d’un foyer d’hébergement d’urgence municipal.
Paris
À Paris, deux candidatEs d’extrême droite se présentaient en plus de Rachida Dati (LR), faisant peser un risque réel de bascule de la mairie, renforcé par la candidature de Knafo (Reconquête). Dans ce contexte, le NPA-A a mené campagne contre l’extrême droite et la droite réactionnaire, en s’associant à des initiatives comme Éteignons la flamme et en diffusant un tract « Ni fachos, ni réacs dans nos mairies ! ». Cette intervention a été bien reçue, malgré l’absence de liste NPA-A. Le début de campagne a été marqué par la mort du militant fasciste Quentin Deranque et une offensive médiatique contre les ex-militantEs de la Jeune Garde, fragilisant les dynamiques unitaires. Avec le ralliement de Bournazel et le retrait de Knafo, l’objectif restait de battre Dati. Si le maintien du PS à la tête de la mairie ne suscite pas d’enthousiasme, le pire a été évité.
Roubaix
À Roubaix, la victoire du député David Guiraud était attendue, portée par une présence continue aux côtés des plus exploités et des luttes de la classe ouvrière. Dans une ville marquée à la fois par la richesse de grandes fortunes comme Arnault et Mulliez et par une pauvreté massive (45 % sous le seuil de pauvreté, plus de 60 % d’abstention), l’absence de la gauche institutionnelle est frappante : invisible, sans projet de rupture, allant jusqu’à envisager des discussions avec la droite contre LFI. Le programme porté repose sur des mesures concrètes (arrêt des démolitions de logements sociaux, préservation des courées). La liste rassemble surtout des anti-libéraux et des militantEs des mouvements sociaux. La campagne, ouverte et dynamique, a permis aux anticapitalistes d’y prendre leur place. Reste désormais à poursuivre la mobilisation pour concrétiser ces orientations.
Saint-Nazaire
Malgré une campagne unitaire et participative, toujours intense entre les deux tours, le maire sortant conserve son siège. Nous battons le RN et la droite. La volonté de poursuivre le travail collectif pour soutenir les 6 éluEs (plus 3 communautaires) de notre liste est bien partagée, tout comme la participation aux mobilisations, notamment celle du samedi 21 contre le fascisme, qui a réuni 200 personnes, ainsi que celle annoncée pour le 8 mai contre la guerre et la construction d’un porte-avions à propulsion nucléaire aux Chantiers de l’Atlantique, tout en préparant un 1er mai intersyndical, populaire et festif.
Thiais
À Thiais (94), le résultat est sans surprise : le maire LR sortant Richard Dell’Agnola est réélu dès le premier tour avec 71,5 % et 34 éluEs. La liste NFP (« Thiais pour Tous »), incluant le NPA-A, obtient 25,2 % et 5 éluEs, en progression par rapport à 2020, mais reste loin du compte. La candidate NPA-A, en 10e position, n’était pas éligible. LO réalise 3,3 %, un score stable. Sans liste macroniste ni RN, Dell’Agnola a concentré l’ensemble des voix de droite, s’appuyant sur un réseau d’influence construit en plus de 40 ans de mandat. Cette situation souligne aussi la faiblesse de l’implantation des forces de gauche, notamment LFI, dans les quartiers populaires. Malgré cela, la campagne a permis de radicaliser le programme, de dynamiser un collectif militant et d’ouvrir des perspectives d’intervention concrète dans les quartiers.
Toulouse
La droite l’emporte à Toulouse mais le NFP est vivant. Jean-Luc Moudenc est réélu avec plus de 53 % face à François Piquemal (FI), en faisant le plein des voix d’extrême droite et en mobilisant des électeurEs abstentionnistes autour du « danger mélenchoniste », dans une campagne de caniveau appuyée par le MEDEF. Il a aussi bénéficié de l’hostilité de Carole Delga et du PRG à l’union de la gauche, qui ont contribué à détourner une partie de l’électorat socialiste. Malgré la déception, la campagne a été forte, rassemblant dès le 1er tour la gauche radicale et anticapitaliste, des militantEs des quartiers populaires et des écologistes. L’accord d’union, obtenu après le premier tour, a permis de recréer localement le NFP, avec la participation de forces allant du PS au NPA, ainsi que d’associations, du mouvement féministe et de syndicats comme la CGT et la FSU. Cette dynamique a suscité un réel espoir dans l’entre-deux-tours. Elle n’a pas suffi à l’emporter, mais elle indique une voie pour les mobilisations à venir. Avec son élue au Capitole, le NPA 31 y contribuera pleinement.