Publié le Jeudi 16 juillet 2026 à 15h00.

Leur présidentielle et la nôtre

Dans les starting-blocks depuis la fin des élections municipales, les candidats de la droite, déclarés ou non, à la présidentielle n’en finissent pas de montrer combien cette fin de mandat de Macron est crépusculaire.

 

La décision de justice du 7 juillet a remis dans la course Marine Le Pen malgré sa condamnation. « Même les plus optimistes n’avaient pas envisagé une inéligibilité déjà purgée », selon Bruno Bilde, député RN du Pas-de-Calais. Exit donc Jordan Bardella, pourtant adversaire favori de Gabriel Attal et d’Édouard Philippe, car réputé plus facile à battre, en dépit de sa popularité.

 

Ni justice ni éthique

La candidature de Marine Le Pen enchante en revanche Bruno Retailleau, qui pourra fustiger sa politique d’« assistanat », car, dit-il, « elle n’a pas voté la réforme des retraites, ni celle de l’assurance-chômage, ni les quinze petites heures d’activité qu’on voulait imposer aux bénéficiaires du RSA ».

En attendant, la patronne du RN a été reconnue coupable pour la seconde fois d’avoir supervisé un système de financement allégeant les charges du parti. En se pourvoyant en cassation, elle veut faire croire qu’elle bénéficie de nouveau de la présomption d’innocence et se présente donc tranquillement devant les ­électeurs et les électrices !

 

Fin de règne

Les deux quinquennats de Macron ont largement contribué à délégitimer le système et les classes dirigeantes : violences sociales, répression des contestations, mépris des organisations syndicales, refus de toute négociation, condamnations d’éluEs, soirées fastueuses payées par les contribuables… Cette décennie a également normalisé l’islamophobie et le racisme avec un alignement systématique sur les thématiques d’extrême droite. Elle a été le théâtre d’une série de lois liberticides, contre les migrantEs notamment. Macron place ses fidèles à tous les postes clés de l’État, de la Cour des comptes au Défenseur des droits. Le ministre de l’Intérieur donne de son côté des gages aux syndicats policiers d’extrême droite avec sa loi sur la présomption de légitime défense. D’une certaine manière, tout est en place sur le plan législatif pour qu’une organisation comme le RN dispose de tous les pouvoirs.

À droite et au centre, face au danger d’un exécutif RN, il n’y a aucune intention de mener le combat républicain contre l’extrême droite. Une fraction de la bourgeoisie est d’ores et déjà acquise à ces idées, tandis que le bloc central continue de perdre de l’influence.

 

Comment lutter contre l’extrême droite ?

Il y a donc une nécessité absolue d’empêcher le RN de s’emparer de la fonction présidentielle, sans laisser cette tâche aux candidats de la droite ou du centre. Pourtant, la gauche est divisée, hypothéquant ainsi ses chances de rassembler et donc de gagner.

Jean-Luc Mélenchon, déclaré depuis mai dernier, porte le programme de rupture des Insoumis et les espoirs d’une partie des gens de gauche et du mouvement social. De ce fait, il nous semble être la candidature la plus à même d’affronter les politiques de casse sociale, ainsi que les lois écocides et racistes. Les Écologistes sont divisés sur la conduite à tenir. La direction du PCF cherche à présenter Fabien Roussel. Et le PS vient d’enterrer définitivement toute primaire en lançant pour l’automne son propre dispositif de désignation d’un candidat.

 

Un front antifasciste et une campagne unitaire

Le NPA-l’Anticapitaliste mène la même bataille dans la rue et dans les urnes : rassembler un front antifasciste et anti-RN à la base et au sommet pour battre l’extrême droite et toutes les politiques qui lui servent de marchepied ; et chercher un accord politique large autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Face à l’urgence sociale et écologique, face au danger de l’extrême droite, nous ferons une campagne présidentielle qui appelle à s’unir, à s’opposer aux politiques libérales et liberticides, à battre le projet fasciste, à défendre des revendications qui rompent avec ce système à bout de souffle et à s’organiser pour faire vivre la solidarité. Pour reconstruire une perspective émancipatrice, nous y défendrons un projet de société écosocialiste, autogestionnaire et démocratique !