Publié le Mercredi 25 mars 2026 à 13h54.

Progrès de l’extrême droite et avancée de l’union des droites

Les municipales confirment une dynamique : progression et enracinement du RN, affaiblissement du macronisme, recomposition accélérée des droites.

Outre l’abstention, la première donnée, ce sont les scores de l’extrême droite. Le RN visait à s’ancrer encore davantage localement en doublant le nombre de ses listes par rapport à 2020. 

La fascisation avance aussi par les urnes

Il a effectivement progressé, multiplié les victoires dans les villes entre 10 000 et 50 000 habitantEs, tout en se renforçant dans ses bastions et en élargissant géographiquement son implantation. L’extrême droite l’emporte dans 62 communes, dont 29 dès le premier tour. La victoire de l’allié Ciotti à Nice, la cinquième ville de France, est un sinistre événement. La progression du RN dans les conseils municipaux le met en position de force pour les sénatoriales à venir.

Ce n’est peut-être pas le raz-de-marée qu’on pouvait craindre, et l’échec du RN à gagner à Toulon en est une illustration. Mais dans un contexte de banalisation des idées racistes et de normalisation des groupuscules fascistes, ces résultats constituent un signal d’alarme sur un possible basculement en 2027. La séquence qui a suivi la mort de Quentin Deranque en a donné un avant-goût : inversion des valeurs, remise en cause de l’antifascisme, offensives menées par la droite et la macronie, parfois relayées jusque dans une partie de la gauche, notamment socialiste, contre LFI.

La droite polarisée par le RN

À Nice, l’absence de consigne de vote de Retailleau pour départager le fasciste Ciotti et la droite extrême d’Estrosi illustre une dynamique d’union des droites en cours de concrétisation. On l’a vu aussi à Paris, avec le retrait de Knafo en faveur de Dati. Du côté du RN, le choix est clair, comme l’illustre l’appel de Bardella à la fusion avec les « listes de droites sincères ». Du côté de LR, le choix n’est pas encore officiel et national, mais la tendance est de plus en plus lourde. Car si la droite classique continue de dominer les villes de plus de 3 500 habitantEs, elle est en recul. En pratique, lorsqu’il est devant, le RN bénéficie d’un transfert de voix de la droite. 

Ce scrutin marque bien la décomposition et la décrépitude du macronisme. La victoire de Renaissance à Bordeaux ou Annecy est l’arbre qui cache la forêt de son déclin. Horizons tire son épingle du jeu, et Édouard Philippe se sent conforté dans son destin présidentiel. Mais c’est avec un ancrage à droite, voire très à droite, que les candidatEs issuEs du macronisme font de bons scores.

OLL

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