Publié le Mardi 1 septembre 2026 à 11h50.

Après le scandale sanitaire, place au scandale politique : re zo re !

Trois ans après la mobilisation pour sauver les urgences de Carhaix, les engagements de l’État ne sont toujours pas tenus. À la crise sanitaire s’ajoutent désormais des décisions politiques qui attisent la colère en Centre-Bretagne.

Le 14 septembre 2023, une soixantaine de manifestantEs de Carhaix ont envahi l'antenne finistérienne de l'Agence régionale de santé (ARS) à Quimper. Cette action visait à protester contre la régulation des urgences, en clair la fermeture de l'hôpital de Carhaix. Cette occupation s’est conclue par un communiqué du préfet du Finistère indiquant « qu’aucune violence n’a été constatée ».

Des engagements toujours pas tenus

Dans la foulée, le protocole de sortie de crise et de développement de l'hôpital de Carhaix, signé le 27 octobre 2023 — comme quoi la lutte paie —, a formalisé les engagements de l'État, de l'ARS Bretagne et du CHU de Brest-Carhaix pour consolider l'offre de soins locale, en imposant la réouverture totale du service des urgences à court terme. Les engagements ne sont pas tenus. Les urgences ne sont aujourd’hui que partiellement rouvertes, en semaine et de jour.

Le 25 juin 2026, le maire de Carhaix a appris qu’il était retiré des personnalités qualifiées avec voix délibérative au sein du conseil de surveillance du CHU de Brest-Carhaix.

Nous apprenons en même temps que le préfet du Finistère a nommé M. Jacques Le Failler au conseil de surveillance de l’hôpital comme « personnalité qualifiée », un homme d’affaires brestois proche notamment de Richard Ferrand, avec lequel il a partagé des parts de SCI.

Cette nomination arbitraire, dénuée de tout sens éthique et très loin de la détresse sanitaire imposée à la population du Centre-Bretagne, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Re zo re, trop c’est trop

Non-application du protocole de sortie de crise signé de la main de l’État, acharnement judiciaire sur les défenseurEs de l’hôpital qui devront répondre de faits démentis par le préfet lui-même, suppression du droit de vote du maire de Carhaix au conseil de surveillance, nomination d’un businessman brestois sans aucune légitimité…

Le grondement de la révolte populaire se fait entendre. Cette colère est légitime, elle ne doit pas se canaliser, elle ne doit pas se gérer, elle doit s’exprimer. D'autant plus que le gouvernement poursuit ses offensives contre la santé avec le doublement du plafond des franchises et participations, de 100 à 200 € par an, la limitation par décret des indemnités journalières et de la durée des arrêts maladie pour les accidents du travail et maladies professionnelles.

Ils n’auront pas la peau de notre hôpital

La population du Centre-Bretagne ne cédera jamais. Nous ne sommes pas des sous-citoyenNEs, nous ne sommes pas des gueux. Ils n’auront jamais la peau de notre hôpital, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Le porte-parole du Comité de vigilance de l'hôpital donne rendez-vous prochainement dans la rue, à Quimper, Brest ou ailleurs. On ne lâchera rien, betek an trec’h.

Matthieu Guillemot, porte-parole du Comité de vigilance de l’hôpital public de Carhaix et du NPA-A du Kreiz Breizh.