Publié le Samedi 6 juin 2026 à 14h00.

Ça bouge dans le social

Face à l’urgence salariale et à la déshumanisation de leurs métiers, les salariéEs du social et du médico-social poursuivent la mobilisation engagée au printemps.

Les fédérations syndicales du social et du médico-­social CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, SUD Santé Sociaux ainsi que le collectif des Rencontres nationales du travail social en lutte ont appelé les salariéEs à une nouvelle journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire, ce 26 mai. C’est la suite du mouvement du 10 mars 2026 en contestation de la Loi de financement de la Sécurité sociale aggravant l’austérité qui pèse sur l’ensemble des salariéEs du sanitaire, du social, du médico-social, de l’aide à domicile, de la petite enfance, de la protection de l’enfance et de l’insertion.

Urgence salariale

L’ensemble des organisations syndicales dénoncent l’incapacité de l’organisation patronale AXESS1 et des pouvoirs publics à répondre à l’urgence salariale : « Tant qu’il n’y aura pas de revalorisation salariale globale, il ne peut être envisagé un avenir pour ce secteur permettant aux salariés de vivre décemment de leur travail et aux personnes vulnérables d’avoir un accompagnement de qualité ».

Elles dénoncent cette posture et ces procédés qui ouvrent les portes en grand au privé lucratif et à la marchandisation de leur secteur sur le modèle d’ORPEA,2 ainsi que les priorités du gouvernement et des financeurs, à l’opposé de leurs préoccupations quotidiennes. AXESS refuse, de manière unilatérale, de poursuivre les travaux sur les rémunérations lors des négociations nationales, préférant attendre l’échéance présidentielle de 2027.

Lors de ces manifestations, rejointes par des syndicats de la CGT Action sociale dans certains départements, l’on pouvait entendre des slogans comme : « Du fric pour le social, pas pour la guerre ni pour le CAC 40 », « Assez d’économies sur le dos des plus démuniEs ».

Déshumanisation des métiers 

Si la question salariale est la première revendication, ainsi que la dénonciation de la détérioration des conditions de travail, il n’en demeure pas moins que la déshumanisation de leurs métiers pouvait aussi se faire entendre.

Tout comme à l’hôpital, la perte de sens, l’épuisement professionnel, les exigences de rentabilité, les injonctions contradictoires, la bureaucratisation des missions, la souffrance éthique et l’isolement professionnel sont aussi le quotidien de ces professionnelLEs de l’accompagnement.

Durant cette mobilisation, la tarification à l’acte appelée SERAFIN-PH a été pointée du doigt comme un danger pour leur secteur, alors même que le maintien et le développement des structures d’accueil deviennent vitaux.

Élargir la mobilisation 

L’idée de poursuivre la mobilisation en allant expliquer leurs revendications légitimes à la population était aussi à l’ordre du jour.
Il est également nécessaire que ces mobilisations soient rejointes par les secteurs des EHPAD et du monde hospitalier pour créer un mouvement d’ensemble capable de faire céder ce gouvernement et ses supplétifs que sont les associations qui se nourrissent de subventions publiques.

Commission Santé Sécu Social

  • 1. AXESS : Confédération des employeurs du secteur sanitaire, social et médico-social privé à but non lucratif qui regroupe deux organisations : NEXEM et la FEHAP.
  • 2. ORPEA : appelé aujourd’hui EMEIS, c’est un groupe gestionnaire d’établissements médico-sociaux pour les personnes âgées et de cliniques psychiatriques à but lucratif.