Jamais le dérèglement climatique n’a autant occupé les antennes. Jamais ses causes et ses responsables n’ont été aussi soigneusement tenus à l’écart du débat.
Lors de la vague de chaleur de mai, les enjeux environnementaux ont occupé 10,7 % du temps d’antenne, contre 4,2 % en moyenne sur l’année, relève QuotaClimat.
Beaucoup en parler, n’en rien dire
Dans la presse, 60 % des articles ont lié la canicule au réchauffement, mais seulement 20 % en ont donné les causes. Quant aux solutions, la climatisation occupe un quart des séquences de France Info TV, contre quasiment aucune sur la rénovation ou la végétalisation.
Clément Sénéchal tire, dans Acrimed, un bilan éloquent du traitement médiatique de la séquence (« Canicule, sécheresse, incendies : dans les médias, le climat sans la politique – Du climatoscepticisme au climato-présentisme », 24 août 2026) : on filme les flammes, on compte les hectares, les points de PIB perdus et on allume la clim.
117 000 hectares ont brûlé au 30 juillet. L’éditorialiste du Figaro déplore pourtant les « caprices de la nature ». De CNews à Valeurs actuelles, l’incendie devient fait divers : on traque le pyromane, alors que la malveillance ne représente que 25 % des départs de feu. Sur BFMTV, une journée de forte chaleur est comparée au coût d’une demi-journée de grève : la catastrophe se mesure en manque à gagner patronal. Puis vient le rayon soldes : 20 Minutes publie son guide d’achat de ventilateurs, Ouest-France ses bons plans Amazon, TF1 la liste des villes où investir pour fuir les canicules.
Compter les morts, taire les responsables
Ce silence masque d’abord des morts : Santé publique France annonçait le 19 août un bilan provisoire de 7 300 décès en excès pour l’été. Il protège aussi des employeurs : en mai, un ouvrier de 19 ans est mort d’hyperthermie sur un toit dans la Drôme, pendant que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, expliquait qu’« on ne va pas arrêter la France à 30 °C ».
Le climat est partout à l’antenne, la lutte des classes et celle pour le vivant nulle part. Des médias possédés par des milliardaires et financés par la publicité ne mettront jamais en cause le productivisme. Notre réponse part des faits scientifiques et des intérêts des travailleurEs, et elle mène à la nécessité de rompre avec le productivisme et le capitalisme. C’est la voie de l’écosocialisme !