Publié le Jeudi 4 juin 2026 à 11h00.

Plateforme 3 : pour une orientation unitaire déterminée et conséquente dans la campagne présidentielle

La longue dépression du système capitaliste, la crise environnementale et les affrontements inter-impérialistes radicalisent chaque jour un peu plus les différentes couches de la bourgeoisie. La brutalité des classes dominantes, l’autoritarisme voire la fascisation, provoquent une polarisation croissante sur le terrain social même si les dernières grandes mobilisations ont été défaites : Gilets jaunes, réforme des retraites, mobilisations de septembre 2025… Cette polarisation se reflète dans le champ politique.

Dans ce contexte, l’enjeu est de parvenir à mettre en mouvement notre classe pour éviter que l’appareil d’État ne tombe entre les mains de l’extrême droite et, à défaut, que les classes laborieuses soient dans la moins mauvaise situation possible pour résister. Il s’agit aussi d’œuvrer à ce que l’indépendance et la conscience de classe progressent. Dans ces élections, cela passe par le rassemblement autour d’un programme qui propose un avenir plus désirable face à la régression macroniste comme aux solutions racistes, sexistes, homophobes, réactionnaires, etc. du RN. La partie la plus consciente de notre camp aspire d’ailleurs à l’unité, à l’instar des élections législatives de 2024.

En vue de l’élection présidentielle, nous ne devons pas tergiverser. Nous devons répondre positivement à la volonté de regroupement des forces de notre camp, autour du programme du NFP, formulée par La France insoumise et mener jusqu’au bout la bataille unitaire pour que ce regroupement se concrétise. Face au fascisme, il est juste et indispensable de défendre une orientation radicale et offensive qui ambitionne d’être majoritaire dans les classes populaires et de faire basculer les couches sociales intermédiaires. Proposer en permanence l’unité de la base au sommet de notre camp social pour l’action mais ne faire aucune compromission sur le fond : dénoncer le programme des candidatEs et partis de la bourgeoisie et donner confiance dans une alternative progressiste à la décomposition du capitalisme et à la marche à la guerre.

Ce regroupement politique se fera autour de la FI et de son candidat. Il ne s’agit pas pour nous de nous rallier à la FI ou de nous y dissoudre, ni d’effacer notre critique de la Ve République et en particulier de la fonction présidentielle. Il s’agit d’exister en tant que force politique nationale, indépendante mais liée à la majorité de celles et ceux qui voudront former un bloc antifasciste contre la guerre, écologiste, féministe et anti­raciste. Dans ce cadre, nous continuerons à défendre nos positions : ne pas s’enfermer dans le champ institutionnel mais construire les luttes sociales et politiques dans la séquence qui vient, la nécessité d’un parti où la démocratie est structurée, d’organiser de façon sérieuse l’autodéfense populaire face à l’extrême droite, une articulation entre le mouvement social et les organisations politiques, une politique de front unique conséquente, de la base au sommet, notre conception de l’internationalisme contre toute vision chauvine, l’articulation entre exploitation et oppressions…

Nous n’avons pas d’intérêts séparés de ceux de notre classe, y compris du point de vue de la construction de notre organisation. Dans la situation actuelle, il n’y a rien à gagner à disputer l’espace réduit de l’extrême gauche avec LO, RP et le NPA-R, avec le risque d’échouer à réunir les 500 parrainages. Notre orientation, qui nous paraît la plus juste et même la seule réaliste, implique de mener une discussion sérieuse sur la place du NPA-A dans le regroupement à construire autour de la campagne de la LFI à travers un accord politique. Cela veut également dire que nous partons sur le terrain pour populariser la candidature commune dès cet été afin que les maires qui nous font confiance soutiennent notre orientation.

Dès la fin de la Conférence nationale, il faut appeler à constituer l’arc de forces le plus large possible pour cette campagne unitaire et interpeller toutes les forces de notre camp social qui pourraient défendre cette orientation. L’objectif premier pour nous est de réussir l’unité, même partielle, autour d’un programme de rupture. Il en va de la confiance du prolétariat dans ses propres forces, et de notre capacité à construire un parti utile dans la situation.