À travers la planète, les attaques contre les personnes LGBTI+ s’intensifient. Des États-Unis à l’Inde, en passant par le Royaume-Uni, les droits LGBTI reculent après des années d’offensive et de campagnes réactionnaires financées par des milliardaires, et en particulier les droits des personnes trans. La France n’est pas épargnée.
Depuis plusieurs années, une offensive réactionnaire et anti-trans se déploie dans de nombreux pays. Elle connaît aujourd’hui une nouvelle accélération à mesure que, partout dans le monde, les droites réactionnaires gagnent du terrain. À travers cette offensive, c’est le droit à l’auto-détermination des personnes et l’ensemble des droits reproductifs qui sont attaqués.
En France comme ailleurs, ces attaques et discours de haine ont libre antenne dans les médias tandis que les guets-apens et agressions homophobes et transphobes persistent. Bolloré et Stérin s’en prennent à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). L’accès à la PMA pour toustes est loin d’être garanti dans les faits, rendu difficile par l’absence de moyens et les coupes budgétaires successives dans le secteur de la santé.
Un gouvernement ouvert aux réactionnaires
Les proches de La Manif pour Tous, ceux qui ont voté contre le mariage pour toustes, contre la PMA pour les couples de femmes, contre la pénalisation des thérapies de conversion, sont entrés dans les derniers gouvernements de Barnier, Bayrou et Lecornu. Certains d’entre eux, comme Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur jusqu’en octobre 2025, ont soutenu au printemps 2024 le projet de loi s’attaquant aux mineurEs trans.
Plus récemment encore, le gouvernement n’a pas hésité à soutenir la proposition de loi Rodwell. Ce texte raciste et liberticide vise notamment à restreindre l’accès au changement de prénom en conditionnant le droit à engager cette démarche à la présentation du casier judiciaire et en la rendant plus difficile pour les personnes ayant un acte de naissance étranger. Si les personnes trans ne sont que victimes collatérales d’un énième texte écrit sous couvert de lutte contre le terrorisme, il n’en constitue pas moins un recul inédit des droits trans en France.
Autre dommage collatéral, une mesure du budget 2026 a instauré depuis le 1er mars des frais de 50 € pour saisir le tribunal judiciaire ou le conseil des prud’hommes. De quoi compliquer davantage les demandes de changement d’état civil des personnes trans, une procédure déjà inutilement longue et complexe nécessitant le passage devant un juge au tribunal judiciaire.
Contre-attaquer, pour gagner de nouveaux droits
Dans ce contexte, nous savons qu’il n’y a plus rien à attendre des grands groupes capitalistes qui se font de plus en plus discrets pour le mois des fiertés depuis le retour au pouvoir de Trump, montrant bien l’hypocrisie du capitalisme arc-en-ciel. Nous n’étions de toutes façons pas dupes : c’est bien parce que le capitalisme a besoin de la famille hétérosexuelle pour sa survie que la division de genre et l’hétérosexualité comme normes indépassables existent.
Face au danger réactionnaire et face à une extrême droite qui, vent en poupe, donne le tempo dans tout le champ politique, l’urgence est à l’unité la plus large de notre camp social pour nos droits. Cette unité doit être l’occasion de passer à l’offensive pour aller gagner de nouveaux droits sans se contenter de répondre aux attaques des réactionnaires. En premier lieu, se mobiliser pour le changement d’État civil sur simple demande, gratuit, sans passage devant un psy ou un juge, pour toutes les personnes trans, avec ou sans papiers. C’est non seulement une revendication de longue date des organisations trans mais c’est aussi ce qui existe déjà en Irlande, en Espagne, en Allemagne ou encore en Suède. Sur le plus long terme, demandons la suppression de la mention de sexe à l’état civil. Continuons de nous battre pour des services publics de qualité pour toustes, pour nos transitions.
Repartir à l’offensive, contre-attaquer, là est l’urgence pour les droits LGBTI et reproductifs. Un mouvement d’ensemble qui mette un coup d’arrêt aux attaques, qui soit assez fort pour arrêter l’extrême droite et dégager le gouvernement, là est l’urgence !